‹ Marie MignotChapitre 53 sur 63 · GASTON, LAGARDIE, LA MARÉCHALE, MIGNOT, MARION, MARIE · texte numérisé non relu

GASTON, LAGARDIE, LA MARÉCHALE, MIGNOT, MARION, MARIE

GASTON, sortant de la chapelle.

Sa majesté va sortir de la chapelle.

MIGNOT , qui entre avec lui.

Le déjeuner de sa majesté !

LA MARÉCHALE, à Lagardic.

Monsieur l'ambassadeur m'excusera...

(Elle lui fait une révérence, et donne l:< main a Mifjnol.)

lir ÉPOQUE, SCÈNE VIL

GASTON, bas à Lagardic.

Monsieur, avez- vous parlé pour nous?... t-ela presse.

LAGARDIE, le retenant.

Pardon, madame... Mignot, me reconnaissez-vous?... un ancien ami... Lagardie?...

LA MARÉCHALE

Monsieur le feld-maréchal comte de La- {^ardie.

MAP.IOX.

Lapardie!-.. Pas possible!... Ce monsieur si beau, si bien doré?... Comme l'autre! (Riant.) Ah! mon Dieu ! que le monde est drôle !

MIG>'OT.

Comment, ce serait toi !... votre excellence !

LAGAUDIE , à Migpnot.

Vous m'aimez encore, vous, n'est-il pas vrai?... Eh bien! vous avez une fille, confiezmoi le soin de son bonheur, je lui donne un époux !

LA JIARÉCHALE , à part.

Il l'épouserait !

aiario:n.

Encore un mariage!... Ces gens -là ne se corrigeront pas !

LAGARDIE

Je conDais celui qu'î^lle aime... j'ai jiu'é de le protéger. ( Présentant Gaston. ) Le voici. LA MARÉCHALE.

Un simple secrétaire !

MARIO>

Qu'est-ce qu'il lui faut donc? (A paît.) La fille d'un cuisinier !...

LAGARDIE

Mignot!...

LA MARÉCII.U.E.

C'est impossible.

LAGARDIE

IS'étes-vous pas le maître de votre fille?

MIG>OT.

Sans doute, je commande à ma fille; mais le roi me commande , et ma nièce commande au roi... ainsi, adressez-vous à elle.

GASTOS.

Madame...

MARIE

Ma cousine...

MARIOX.

Allons , père Mignot , allons, montrez-vous une bonne fois!... Oh I madame, quand vous devriez me faire chasser, il faut que je parle... *! C'est être aussi par trop dure... Cette pauvre petite, qui a eu pitié de moi!... C'est sage, c'est honnête , ça n'a qu'un amant, et encore on ne veut pas le lui laisser!... (A Mignot.^ Il vous faut peut-être un grand seigneur pour gendre?... Elle sera bien plus heureuse, et vous aussi!... Eh! songez au temps oîi vous étiez traiteur, et nous deux blanchisseuses.

* I.n .Maréchale, Marion. M.irir.

Nous n'avions rien... C'était là le bon temps!... Si alors on vous eût offert un homme de plume, un secrétaire de bonne niaison, hein ? quelle joie! quel honneur!... Eh bien ! figurezvous que vous y voilà revenu... Donnez-lui votre fille , soyez le maître , ou vous n'êtes qu'un cuisinier dégénéré!

MIGNOT, entraîné.

Au fait , elle a raison , la vieille Marion Deîorme... Qu'est-ce que c'est donc que ça , ma nièce?... Je me révolte à !a fin!... C'est pour vous obUger que j'ai renoncé à l'office; vous m'avez pendu au cou une chaîne dorée... (A Mai-ion, qui le pousse.) Laissez donc, j'irai bien * ! Vous avez presque fait de moi un gentilhomme... Je ne suis plus bon à rien... La nature pâtit... je ne vous demandais que de faire un sort à ma fille ; mais s'il faut lui en faire un moi-même, je ne suis pas tout-à-fait rouillé: il se trouvera d'anciennes connaissances, de» vétérans de la gourmandise, qui n'auront pas oublié mon nom et mes sauces!

LA MARECHALE, lui lançant un regard expressif.

Et qu'est-ce que vous ferez?

AIIGKOT, intimidé.

Moi , madame la maréchale? je ferai... je ne ferai rien, assurément. (A part.) Oh! si elle me regarde en face...

MARIO^J , bas.

Quoi! vous cédez?

LA MARÉCHALE

Silence, mon oncle. Comme premier officier du roi, c'est à vous de faire justice d'un de ses gens qui a pu s'oublier à ce point.

MIGXOT.

Comment, tu veux...? (Elle le rcj^arde. ) C'est juste. Allons, mon ami , il faut s'en aller, mon garçon... sans rancune.

Ce ton!... Est-ce là la dignité de votre charge ?

MIGXOT, avec dignité.

Retirez-vous, monsieur, et ne reparaissez jamais ici... (A part.) Diable de dignité, je loublie toujours !

LAGARDIE, retenant Gaston.

Arrêtez **!... j'ai voulu écouter jusqu'au bout... Ainsi, madame, votre ambition est insatiable, et vous aurez faille malheur de tous ceux qui ont mis leur sort dans vos mains. Ah! Marie, vous, tendre et généreuse , quand nous commencions à nous aimer!.. .Rappelez-vous ce que nous éprouvions alors, nos plaisirs purs , nos vœux modestes, nos projets de bonheur; vous les avez détruits pour nous. Etes-vous heureuse? Oh! non; j'en juge par moi, que vous avez forcé à m'élever, et qui regrette les

' L;i Marécbale, Mignot, Marion.

•* La Maréchale, Lagardie, c(r.

beaux jours que ces enfants vous demandent. Cédez, laissez-vous fléchir.

IMIGNOT.

Madame ma nièce...

UN VALET, à Lagardie.

Monsieur îc comte...

Ah! pardon, c'est un de mes gens...

MARION , à part.

Encore un qui a des gens !... Ils en ont tous, et je n'en ai plus.

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