‹ Marie, ou, La corbeille de fleurs [microforme]Chapitre 14 sur 34 · MARTE · texte numérisé non relu

MARTE

céleste ; ses joues, colorées du plus pur vermillon, paraissaient plus délicates que Îles fleurs da pêcher ; une épaisse chevelure blonde flottait sur ses épaules ; elle était vêtue d’une longue robe plus blanche que la neige. Marie vit bien distinctement, debout devant elle, cette figure, qui, éclairée par la douce lumière de la lune, semblait rayonnante de gloire. Marie frisonna, tomba toute tremblante à genoux et s'écria : ‘ O mon Dieu! que vois-je?.. un ange du ciel qui vient à mon secours.

—Chère Marie, répondit une voix pleine de douceur, je ne suis pas un ange du ciel; je suis une simple mortelle comme toi, mais je viens à ton secours. Dieu a exaucé ta fervente prière. Regardemoi bien : est-ce que tu ne me reconnaîtrais plus ?

— O Dieu ! que vois-je? s’écria Marie : est-il possible? oui, c’est vous, mademoiselle Amélie. Ah!

uel heureux hasard vous conduit ici, Mademoiseile, F Pas ces lieux de tristesse et d’épouvante, à une heure semblable, et si loin de votre château ?”

La comtesse Amélie releva affectueusement Marie, la serra dans ses bras, l’embrassa avec des larmes de tendresse, et dit : ‘* Bonne et chère Marie, nousavons commis une horrible injustice envers toi. Tu as été très mal récompensée du plaisir que tu avais l'intention de me faire en me dennant cette jolie corbeilie que je vois encore ici. Mais ton innocence est reconnue. Ah ! pourras-tu jamais nous pardonner ? pourrastu pardonner à mes parents et à moi ? Oh! va, nous tâcherons de tout réparer, autant qu’il nous est encore possible de le faire. Pardonne-nous, chère Marie.”

Marie répondit en pleurant : ‘ Ne parlez pas ainsi, PA ren PE dans cette malheureuse affaire vous nous avez traités avec beaucoup de ménagement. Oh! je puis vous assurer que jamais il ne m’est venu dans l'idée d’avoir le moindre ressentiment contre vous. Je me souvenais toujours avec reconnaissance de vos bontés pour moi et pour mon père. Mon unique douleur était de penser que vous... vous, Mademoiselle, et vos respectables parents, deviez me croire

MARIE Ci

blen coupable et bien ingrate…. Aassi je ne désirais vien plus ardemment que de vous voir reconnaitre mon innocence, et ce désir, Dieu vient enfin de lac. complir. Grâces lui en soient rendues 1”

La comtesse Amélie tint longtemps Marie serrée dans ses bras, et l’inonda de ses larmes. Fixant ensuite ses regards sur le tombeau de Jaxg'ies, elle joignit ses mains, et s’écria avec l'accent de la plus douloureuse émotion : ‘* O toi, brave et digne homme, dont la dépouille mortelle repose ici dans une terre étrangère, toi que j'aimais dès mes premières années, toi dont les mains ont tressé le berceau d’osier dans lequel dormait mon enfance, toi qui m'avais encore donné pour dernier présent de fête cette corbeille que je revois sur ta tombe. hélas ! faut-il que tu ne sois plus !... Que n’ai-je pu te retrouver vivant, pour contempler ton visage vénérable et te demander pardon de l’offense que je t'ai faite! Ah! Dieul si nous eussions agi avec plus de réflexion, si nous eussions montré plus de confiance en ta fidélité si longtemps éprouvée, ta dépouille mortelle, vertueux serviteur, ne serait point exilée ic : tu vivrais peut-être encore, et tu serais encore parmi nous. Oh! pardonne-nous. Ici, sur ta tombe, je te fais, au nom de mes parents, une promesse solennelle : ne pouvant plus te dédomæ mager du mal que nous t’avons fait, nous dédommagerons doublement ta fille. Oh! pardonne-nous, pardonne-ncus.

— Ah ! Mademoiselle, reprit Marie, mon père n'eut jamais le moindre ressentiment contre ses respectables maîtres. Il les comprenait toujours dans ses prières, aussi bien pendant notre exil qu’à Echbourg. ll les a bénis encore à son heure dernière. ‘‘ Marie, me disait-il un moment avant sa mort, j'ai la ferme croyance que nos respectables maîtres reconnaîtront ua jour len innocence, et te rappeticront de ton exil. Alors assure le noble eomte, la charitable comtesse et l'ange Amélie, que VA si souvent portée dans mes bras pendant qu'elle était encore enfant ; assure-les que jusqu'à mon dernier soupir mon cœur n'a jamais

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cessé d’être plein de respect, d’attachement et de

reconnaissance pour eux.” Je puis vous assurer, PAE Mademoiselle, que ce sont là ses propres paroles.”

La bonne Amélie versa de nouvelles rmes. Enfin

elle dit : ‘‘ Viens, Marie, assieds-toi à té de moi sur

CIE cette pierre. Je ne puis m’arracher de cette tombe.

| Nous sommes ici comme dans le sanctuaire de la

( Divinité ; il me semble que les bénédictions de ton

Et père planent sur nous.”

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