‹ Marie-Rose, histoire de deux jeunes orphelinesChapitre 17 sur 79 · LA PHTHISIQUE · texte numérisé non relu

LA PHTHISIQUE

Quand l'automne est sur pied pour se mettre eu voyage,

Qu^elle endosse en grondant son manteau de feuillage,

La phithisique dès lors, par ses gémissements,

Autour de son grabat attire ses enfants.

« Vois, dit-elle en prenant à part sa fille aînée,

Vois des arbres jaunis si la feuille est tombée.

Ton œil triste me dit que je touche à ma fin ,

Qu'il voit se dépouiller Tormcau le plus voisin.

L'on n'entend plus Zéphire au séduisant murmure ;

L'Aquilon furieux gronde, émeut la nature.

Je redoute ton soir, ô funeste saison ;

Car la mort va par moi commencer sa moisson.

Mais d'où partent ces cris? mes enfants, à cette heure, Qui vient porter le trouble en notre humble demeure? » — "■ Mère, rassurez-vouS; c'est la chaise à porteur, Ne vous alarmez pas, calmez vetre frayeur. Laube nous trouvera près de vous à ihospice Pour adoucir le fiel de votre amer calice. »

— <f 0 mes amis, pour moi voici le coup fatal: Je vous comprends: la mort m'attend à Ihôpital. »

Dans la chaise du pauvre à Tinstant déposée .

Et par les deux porteurs durement balancée,

Le trajet pour la mère est long et fatigant !

Aux portes de l'hospice elle arrive pourtant.

La sœur de Saint-Joseph l'accueille avec tendresse .

Et par un prompt secours ranime sa faiblesse.

Ah 1 comme elle a bientôt dans ce cœur agité

Fait renaître le calme et la sérénité".

Son sourire si doux , de la pauvre malade

Dissipe eu un instant l'humeur triste et maussade.

Près du lit cependant on apporte un bassin.

La sœur imite alors un exemple divin.

Elle lave les pieds à cette infortunée ,

Et les lui baise ensuite . à genoux prosternée.

Sublime abaissement 1 Ainsi la charité

A fait du malheureux une divinité !

Voyez cette phthisique , ù vous que rien ne touche : Elle sourit déjà sur sa nouvelle couche. Un seul désir l'occupe et fait battre son cœur. Son regard en instruit la vigilante sœur ;

Et la vierge (elle aussi possède un cœur de mère)

A compris , entendu sa muette prière.

La malade soudain voit voler dans ses bras

Ses enfants éplorés — « Pauvres enfants , hélas !

Quoi ! sitôt orphelins ! et quelle main amie

Aplanira pour vous le chemin de la vie ?

Hier encore , en moi vous aviez un appui !

Mais la cruelle mort vous l'enlève aujourd'hui.

Tu peux seul , ô mon Dieu , soulager leur détresse ;

Daigne jeter sur eux un regard de tendresse.

Hélas 1 sans ton secours, et pressés par la faim ,

Ils iront mendier peut-être dès demain.

Que ton bras en ce jour , ne frappant que la mère ,

Chasse loin des enfants l'affrayante misère ! »

Elle veut prolonger ses accents douloureux, Quand la sœur revenant, dun ton affectueux, L'invite à se calmer, lui présente un breuvage Qui pour quelques instants de ses maux la soulage. Mais cette pauvre mère approche do sa fin. La sœur lit son arrêt dans l'œil du médecin. Le Dieu qui des mourants s'est fait le viatique Vient sur son lit de mort visiter la phlhisique. Qu'elle est sublime alors! l'aspect du trois fois saint A ranime la foi dans son cœur presque éteint. « Je vous aime ; Sei^^rieur; Seigneur, je >ous adore: <' De vitus unir;» moi, (juc larde/.-vous encore ! '( .Mon àtne vous attend, Dieu d'amour ! hàlez-vous, '( Venez , venez ; rornhlcr de mes vo'uv le plus doux » La voilà donc enfin du p.iiii du ciel nourrie, Kl toute à son bonheur, en silence elle prie.

— oo —

Mais voyant qu'elle touche à son dernier moment ; Modèle du plus beau, du plus grand dévouement Sans craindre d'humecter sa figure angelique Du soufTle empoisonne de la pauvre phthisique. En lui faisant redire ô Marie 1 ô Jésus 1 La sœur l'aide à mourir de la mort des élus.

l.a servante du pauvre a servi Dieu lui-même Et Dieu promit un jour l'immortel diadème A celui qui le sert dans l'homme infortuné. 11 lui dit : De ma main tu seras couronné.

■^■^'2i2fS.'BC;2j'/^

LE MOIS DE iMARIE

Ciel, répands ta douce rosée.

Le mois des fleurs est de retour.

De Marie , exaltons l'amour; Que notre âme en soit embrasée !

L'univers est dans l'allégresse.

Ton aspect, soleil radieux , De la terre j comme des cieux, Bannit les pleurs et la tristesse.

A son doux réveil , la nature Bénit ton j)OUVoir immortel.

Les fleurs, i)our parer ton autel Oiiillciit leur beau lil de verdure

A peine éclos , dressant la tète , Le muguet , le tendre jasmin .

Font monter un parfum divin Vers ton trône , en ces jours de fête.

Près de la rose épanouie, Un lys éclatant de blancheur Nous ditj des vertus de ton cœur, Celle qui fut la plus chérie.

Mère d'amour, divine aurore, Le bonheur renaît sous tes pas.

A te montrer , ne tarde pas , Écoute la voix qui t'implore !

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