DE M. DE CHATEAUBRIAND
Chateaubriand n'est plus 1 Lorsque la France entière Le jileure et se rev<^t d'un long crispe de deuil , Triste , silencieuse , une pau\ re oun rière , De fleurs entoure son cercueil.
JH ^i.iis re (juil \alait, l'rance, (|ui de sa \'\c As N II j)àlir le soir et briller le nuilin. L'Iùin»!»' . <*n te \oNaiil produire un tel };énie , l''iil jalouse de ton dcsliii.
Quel homme de son siècle a plus fait pour l'histoire? Il n en est point. Celui quon nomme sans égal , Et dont le bras puissant enchaînait la \ictoire , En lui reconnut un rival.
11 a \u S'écouler les jours de sa jeunesse
Loin du sourire maternel ; La faim , la soif, lexil , les honneurs , la richesse Vinrent importuner ce généreux mortel.
Il vit lesprit des chants voltiger sur sa tète , Le découragement le surprendre en chemin , Le mousquet du soldat , la lyre dupoëte Passer tour à tour dans sa main.
Pour tromper sa douleur profonde Et des souvenirs trop amers , Del" ancien et du nouveau monde N'a-t-il pas exploré les mers ?
Avec le Turc , le Grec , le Maure , Il sest rencontré maintes fois.
Après avoir chanté 1" aurore Sous la hutte de llroquois.
J'aime à le voir dans son voyage Assis sur son petit bagage , Goûter, en cherchant un ombrage , Le fruit parfumé du palmier ; Ou bien , écoutant le ramage Des divers hôtes du bocage , Boire , en admirant son feuillage , Le lait mielleux du cocotier.
N'importe que ce soit vérités ou mensonges 1 J'aime à nommer les fils , les fdles de ses songes, Amélie et Blanca , le vieux Chactas , René... Oh ! qu'Atala mourante à mes yeux a de charmes Il m'eût été bien doux d'arroser de mes larmes Son front de roses couronné.
Mais ni ces beaux déserts , ni leurs ponts do liane. Ni tout ce que le temps détruit , corromi)t ou fane, Du grand Chateaubriand n a pu remplir lo cœur. Sa muse , s"insj)irant à Tonibre du ninllKuir. IjiI dicta cr beau livre , où du christianisme Lr ijiii^auc dis in blesse à mort l'atliéisme ; Où lii vertu trioinpbo ; où la religion , hi'llr Corinne l'nutcur do la création,
Dans ses adversités vient rappeler à l'homme Qu'ici-bas le bonheur n'est rien, rien qu'un fantôme ; Soutient le malheureux , allège son fardeau . Lui montre une autre vie au delà du tombeau.
De Chateaubriand le langage Émanait d'un souffle divin , Car de ce livre chaque page Immortalise l'écrivain.
Bienfaisant pour tous , son génie , En planant sur l'humanité, Fit luire à l'Europe affranchie L'aurore de la liberté.
En Espagne, en Grèce, en Russie, En tous lieux , son nom fut chanté.
De la France aux rives d'Asie, Quel écho ne l'a répété?
Comment peindre cet homme illustre , Que la mort semblait respecter Au bout de son seizième lustre?
Mieux vaut se taire et l'admirer.
Juillet 1848.
A UNE JEUNE FIANCEE
Charmante enfant, de te poursuivre Le cruel destin s'est lassé; De joie enfin ton cœur s'enivre :
Plus de retour vers le passé !
L'ombre du bonheur t'environne ; Zéphir baise ta blanche main , Et fait ouvrir, pour ta couronne , Le lys , la rose ot le jasmin.
Dirige-toi vrrs le saint temple , Jeune vierj^e, c'est le moment.
De la foule (jui te contemple Ne vois-tu i>;is l'cMiipressement?
Daigne écarter un peu le voile Qui nous cache tes blonds cheveux , Ton regard beau comme l'étoile Qui le soir resplendit aux cieux.
Pour ton bonheur, douce Uranie, Il n'est pas besoin que mes vœux , Mêlés à la sainte harmonie , En ce jour montent vers les cieux ; Car la Providence divine, Qui pr^nd soin du petit oiseau, Veille sur toi ; de l'orpheline Son aile abrite le berceau.
Juillet 1849.
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CHANT D'HYMENEE,
ani deni jeunes époni B. R., le jour de leur mariage.
Q'un heureux hymen les unisse !
Par toi , mon Dieu , qu'il soit béni!
Avant que le jour soit fini , Sous ton regard qu'il s'accompHsse
De votre bonheur l'heure sonne !
Timides époux , Le destin jaloux Ne peut rien sur vous ;
La douce paix vous environne !
Qu'un heureux hymen , etc.
Vous qui peuplez ce lieu champêtre ,
Chantez doucement !
Ce couple charmant
Va faire serment Au Dieu de qui nous tenons l'être ,
Qu'un heureux hymen , etc.
Que les habitants du village ,
Parés d'une fleur,
Répètent en chœur :
O paix ! ô bonheur !
Entourez ce petit ménage !
Quun heureux hymen les unisse 1 Par toi , mon Dieu , qu'il soit béni!
Avant que le jour soit fini , Sous ton regard qu'il s'accomplisse
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