‹ Marie-Rose, histoire de deux jeunes orphelinesChapitre 19 sur 79 · DE M. DE CHATEAUBRIAND · texte numérisé non relu

DE M. DE CHATEAUBRIAND

Chateaubriand n'est plus 1 Lorsque la France entière Le jileure et se rev<^t d'un long crispe de deuil , Triste , silencieuse , une pau\ re oun rière , De fleurs entoure son cercueil.

JH ^i.iis re (juil \alait, l'rance, (|ui de sa \'\c As N II j)àlir le soir et briller le nuilin. L'Iùin»!»' . <*n te \oNaiil produire un tel };énie , l''iil jalouse de ton dcsliii.

Quel homme de son siècle a plus fait pour l'histoire? Il n en est point. Celui quon nomme sans égal , Et dont le bras puissant enchaînait la \ictoire , En lui reconnut un rival.

11 a \u S'écouler les jours de sa jeunesse

Loin du sourire maternel ; La faim , la soif, lexil , les honneurs , la richesse Vinrent importuner ce généreux mortel.

Il vit lesprit des chants voltiger sur sa tète , Le découragement le surprendre en chemin , Le mousquet du soldat , la lyre dupoëte Passer tour à tour dans sa main.

Pour tromper sa douleur profonde Et des souvenirs trop amers , Del" ancien et du nouveau monde N'a-t-il pas exploré les mers ?

Avec le Turc , le Grec , le Maure , Il sest rencontré maintes fois.

Après avoir chanté 1" aurore Sous la hutte de llroquois.

J'aime à le voir dans son voyage Assis sur son petit bagage , Goûter, en cherchant un ombrage , Le fruit parfumé du palmier ; Ou bien , écoutant le ramage Des divers hôtes du bocage , Boire , en admirant son feuillage , Le lait mielleux du cocotier.

N'importe que ce soit vérités ou mensonges 1 J'aime à nommer les fils , les fdles de ses songes, Amélie et Blanca , le vieux Chactas , René... Oh ! qu'Atala mourante à mes yeux a de charmes Il m'eût été bien doux d'arroser de mes larmes Son front de roses couronné.

Mais ni ces beaux déserts , ni leurs ponts do liane. Ni tout ce que le temps détruit , corromi)t ou fane, Du grand Chateaubriand n a pu remplir lo cœur. Sa muse , s"insj)irant à Tonibre du ninllKuir. IjiI dicta cr beau livre , où du christianisme Lr ijiii^auc dis in blesse à mort l'atliéisme ; Où lii vertu trioinpbo ; où la religion , hi'llr Corinne l'nutcur do la création,

Dans ses adversités vient rappeler à l'homme Qu'ici-bas le bonheur n'est rien, rien qu'un fantôme ; Soutient le malheureux , allège son fardeau . Lui montre une autre vie au delà du tombeau.

De Chateaubriand le langage Émanait d'un souffle divin , Car de ce livre chaque page Immortalise l'écrivain.

Bienfaisant pour tous , son génie , En planant sur l'humanité, Fit luire à l'Europe affranchie L'aurore de la liberté.

En Espagne, en Grèce, en Russie, En tous lieux , son nom fut chanté.

De la France aux rives d'Asie, Quel écho ne l'a répété?

Comment peindre cet homme illustre , Que la mort semblait respecter Au bout de son seizième lustre?

Mieux vaut se taire et l'admirer.

Juillet 1848.

A UNE JEUNE FIANCEE

Charmante enfant, de te poursuivre Le cruel destin s'est lassé; De joie enfin ton cœur s'enivre :

Plus de retour vers le passé !

L'ombre du bonheur t'environne ; Zéphir baise ta blanche main , Et fait ouvrir, pour ta couronne , Le lys , la rose ot le jasmin.

Dirige-toi vrrs le saint temple , Jeune vierj^e, c'est le moment.

De la foule (jui te contemple Ne vois-tu i>;is l'cMiipressement?

Daigne écarter un peu le voile Qui nous cache tes blonds cheveux , Ton regard beau comme l'étoile Qui le soir resplendit aux cieux.

Pour ton bonheur, douce Uranie, Il n'est pas besoin que mes vœux , Mêlés à la sainte harmonie , En ce jour montent vers les cieux ; Car la Providence divine, Qui pr^nd soin du petit oiseau, Veille sur toi ; de l'orpheline Son aile abrite le berceau.

Juillet 1849.

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CHANT D'HYMENEE,

ani deni jeunes époni B. R., le jour de leur mariage.

Q'un heureux hymen les unisse !

Par toi , mon Dieu , qu'il soit béni!

Avant que le jour soit fini , Sous ton regard qu'il s'accompHsse

De votre bonheur l'heure sonne !

Timides époux , Le destin jaloux Ne peut rien sur vous ;

La douce paix vous environne !

Qu'un heureux hymen , etc.

Vous qui peuplez ce lieu champêtre ,

Chantez doucement !

Ce couple charmant

Va faire serment Au Dieu de qui nous tenons l'être ,

Qu'un heureux hymen , etc.

Que les habitants du village ,

Parés d'une fleur,

Répètent en chœur :

O paix ! ô bonheur !

Entourez ce petit ménage !

Quun heureux hymen les unisse 1 Par toi , mon Dieu , qu'il soit béni!

Avant que le jour soit fini , Sous ton regard qu'il s'accomplisse

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