SCÈNE II
L» m&mcs, BRANTOME.
RRANTÙNE.
Salut à vous, monsieur de Cliatelard, 1a reine Marie s’est-elle enlin décidée à recevoir l'hommage de ses fidèles ?
ciiatflard.
Pas encore, cher nwnsinir de Brantôme. Sa Majeslé pleure toujours son pauvre petit roi, comme elle dit dur» son touchant langage.
an *m Ans.
S>ngiilier hasard I... avez-vou* remarqué cela, Monsieur, le roi François II est mort à dix-«epl ans, après dix-sept mois et dii-fe'pl jours de règne.
ciUTtun.
Laissant une veuve âgée de dlt-*ept ans aussi.
MUNTÔIE.
C’est vrai. Nous avons changé de maître, monsieur de Chatolard; comment s'appelle ce nouveau maître, selon vous?
rBAKTILARD.
Mais... le roi Charles IX...
BRANTÔME
Moi je l'ap [telle Catherine de Médicis.
t'n WLissma.
La reine régente, Messieurs! (ao kod du th*iire pim cnkeriti#,
qui entr* du* I» et* mtr* rojilc. “ Elle Mt »Ztue de luif. — MaUrtm femius l> *oi*cni. — T cas m ddcwnmrt et mIimbI.)
RRaKTÔNE.
I.’avez-vous vue, naguère, simple, modeste, effacée?... voyez-la aujourd'hui vêtue de son deuil éternel, et ron masque de froideur politique au visage : crovez-»ou»que le cœur de la femt - ne saigne pas sous l'habit de la reine? Croyez-vous que le g» de la reine m* Tâ^sû pas taire en elle le eaur de la mère? Bien tin qui déchiffrera le terrible livre de sca amours et de se» ambitions. Mon jeune ami. il faut tous habituera suivre du regard toutes le» évolution» de cour... c'est 1res- intéressant, je voua assure.
CHATELARD.
Ab ! quel ennui ; passer sous le joug de cette femme triste et sombre, quand nous avions la plus gaie, la plus brillante des maîtresses.
Brantôme, iohovdi.
La belle des belles, la reine des reines, la belle reine Marie, n'est-ce pas?
CRATCLARD.
Oui, celle qu’on a surnommée la dixième Musc , celle à qui l'on voudrai! dire une fois : je t'aime ! dùl-ou porter ensuite sa tète sur le hdlot.
MURtôhe.
Oh! oh!... vous aussi !
ra A TEL A RD.
Elle m’a regardé une fois.
MUflriaE.
Et c’est plus qu'il n’en faut, car plu» d’un J’aime à mourir quelle n‘a jamais regardé. Telle que cette Litre dont noue entrtltatscul UB vieux jioëtrs, il notable que cette Itelle reine ait, au lieu de sang dans ses veines d’azur, je ne sais quel phditr d'amour et de volupté. Elle parait, ou l’aime; tou», les vieillard», les mfants; monsieur l’amiral lui-même dénie son front n< istèrr sitôt qu'elle lui sourit, et le roi Charles IX, lorsqu'il était encore dauphin , à peine âge de onze ans, disait à la n inc Catherine : Quand mon frère sera mort, j’épouserai la reine Marie.
OMItUS».
Aussi un poète inconnu a-t-il fait sur elle cette devise : Mourir ou être pris.
RRAKîÔHE.
Et ce poète inconnu s’appelle Chatelard. Imprudence et jeunesse! L'amour des reines, après avoir été un nectar qui enivre, devient souvent un poison qui tue.
CSATKLARD.
Je suis neveu de Bayard par ma mère et je suis sans peur.
BRAMTÙNE.
Sinon sans reproche. Mai» elle emportera tous ces cœurs de France, cette enchanteresse , quand elle nous quittera pour son royaume d’Ecosse.
dtATELAlU»,
On dit qu’elle va se retirer dan* sa riante Touraine pour y fonder une cour d'amour, de chevalerie et de poésie. Ne vaut-il
| pas mieux rester ainsi la reine du momie civilisé que d'aller apprivoiser des lou|rt et faire fondre des glaçons dan» son pays de sauvages?..,