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Ibidem

POLITIQUE DE CATBERINE DE MÉDICIS (i584). H 3

a pu envers le roi pour me tirer la connoissance de vos affaires , lettres et paquets ordinaires. »

En effet, l'ambassadeur d'Elisabeth à Paris avait accusé Castelnau de « mauvais et préjudiciables comportements à rencontre de la reine d'Angleterre et de son État*. » La cour de France , et surtout Catherine de Médicis , commençaient à trouver excessif le zèle de Castelnau , et le blâme perce dans une lettre de la reine mère*. « Pour le regard de la reine d'Ecosse, ma belle-fille, vous savez la charge que le roi mon seigneur et fils vous a toujours donnée et moi aussi, de faire pour elle es affaires de son douaire tout ce que pourrez, et pour intercéder aussi envers la reine d'Angleterre, à ce qu'elle reçût bon traitement et commodité de sa personne. Aussi, nous assurons-nous que vous n'y avez rien omis, et que vous n'avez excédé l'intention du roi mon seigneur et fils et de moi , qui suis d'avis que vous leviez à la dite dame reine d'Angleterre l'opinion qu'elle a de vous au contraire. » C'était toujours de la part de Catherine de Médicis et de Henri III cette politique sans dignité et sans franchise , qui affectait la bienveillance envers Marie Stuart tout en la sacrifiant à ses ennemis. Elisabeth entretenait ces dispositions de la cour de France par de perfides accusations contre la reine d'Ecosse : elle lui imputait de secrètes négociations avec l'Espagne. Marie Stuart, prévenue par Castelnau, repoussa hautement ces reproches', et chargea l'ambassadeur de témoigner à Catherine de Médicis une reconnaissance qu'elle ne méritait guère. « Faites-moi ce plaisir de la remercier de sa maternelle affection envers moi et mon fils , laquelle je m'efforcerai de mériter tant que je

1. Ms. de la Bibl. imp., f. Béthune, n» 8811, fol. 48 verso; lettre de Henri III à Castelnau , 9 mai 1584. Cette lettre a été publiée dans l'ouvrage intitulé : Life of Thom. Egerton, p. 23.

2. Ibidem, fol. 50 verso; lettre de Catherine à Castelnau, 9 mai 1584.

3. Lettre de Marie Stuart à Castelnau, 22 mai 1684, dans le recueil du prince Labanoff, t. V, p. .469 et suiv.

114 MISSION DE SËATON

vivrai , la suppliant instamment de prendre soin de la préservation de mon pauvre enfant et de mon misérable Ëtat^»

Cette lettre prouve que Marie n'était pas sans inquiétude sur les projets de Tavide et ambitieux favori qui gouvernait Jacques VI. « D'après certains bruits, lui écrivait Gastelnau*, il vendroit le roi votre fils aux Anglois plutôt qu'il ne vînt au-dessus de ses desseins. » Cependant Àrran, soit défiance d'Elisabeth qu'il avait déjà trompée , soit concession à l'esprit national, entama d'abord des négociations avec Henri III. Il envoya lord Seaton en France pour sonder les intentions du roi, et voir de quel prix il payerait l'amitié de l'Ecosse. Les détails de cette ambassade, oubliée par les historiens, ne manquent pas d'importance , puisqu'elle devait consolider ou affaiblir une de nos plus anciennes alliances^.

Ce fut au mois d'avril 1584 que lord Seaton arriva en France. Le 19 du même mois, il obtint une audience de Catherine de Médicis en l'absence de Henri III , et déclara au nom de Jacques VI, que ce prince était « résolu de se ranger entièrement aux désir et intention du roi de France. » Quelques jours après, le 26 avril, lord Seaton remit à Henri III un mémoire sur la situation et les besoins de l'Ecosse. Il rappelait les malheurs de Jacques VI, qui avait été poursuivi « jusque dans le ventre de sa mère, et toujours depuis, et, ce qui est plus misérable, possédé de ses ennemis. » La captivité de sa mère pouvait aussi servir d'exemple à tous les princes, que les sceptres et les couronnes ne sont pas suffisants pour exempter ceux qui les portent des misères et calamités ordinaires. Leurs ennemis auraient voulu les tenir ensemble prisonniers , et s'ils y

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