Ibidem
as NÉGOCIATIONS D*ËLISABETH
avait besoin de TÉcosse pour résister aux progrès effrayants de l'Espagne et assurer la sécurité des îles Britanniques. Le 10 juin 1584, le duc d'Anjou était mort*, et avec lui disparaissait toute chance d'enlever la Belgique à Philippe II. Le 10 juillet, le prince d'Orange avait péri assassiné. L'Espagne , qui profitait de ce crime et qui l'avait inspiré •, paraissait sur le point d'accabler les Pays-Bas. La Ligue , son alliée , agitait la France pour repousser du trône Henri de Bourbon. Elisabeth s'inquiétait, avec raison, de cette grandeur menaçante de Philippe '. Elle voulait lui opposer l'union des îles Britanniques ; tel fut le but des négociations qu'elle entama avec l'Ecosse.
Le gouverneur de Berwick , Ibrd Hunsdon , se rendit à la frontière d'Ecosse pour conférer avec Arran. Tout parut se passer en pompes barbares, comme les aimaient les Écossais. Arran vint à l'entrevue avec sept ou huit mille chevaux (août 1684)*. Les négociations publiques eurent peu d'intérêt'; mais dans des conférences secrètes on fit briller aux yeux de Jacques VI l'espérance de la couronne d'Angleterre, et Elisabeth obtint qu'il enverrait un ambassadeur pour traiter directement avec elle. Le choix tomba sur Gray, jeune Écossais, dont le crédit près de Jacques VI commençait à inquiéter Arran.
1 . Plusieurs lettres de Castelnau donnent de curieui détails sur la douleur vraie ou simulée d'Elisabeth à la nouvelle de la mort du duc d'Anjou. Voy. Pièces justificatives , lettres de Castelnau des 16 et28 juillet 1584.
2. Une lettre du principal ministre de Philippe II , Granvelle , en date du 10 août, parle du pauvre Bourguignon qui a tiré Varquébusade (contre Orange). Il termine ainsi : « Le 10 juin , est mort Alençon; le 10 juillet , Orange; si le 10, jour de Saint-Laurent (10 août) , mourait la reine, mère d'Alençon , ce serait une petite perte. » Ms. de la Bibl. imp., Pays-Biu^ n» 377, 1 et 3. La lettre espagnole a été publiée dans Fouvrage intitulé : Life ofThom. Egerton, p. 161.
3. Pièces justificatives; lettre de Castelnau du 28 juillet 1584.