RAPPEL DE CASTELNAU
vacité : « On a assuré à cette reine, écrivait-il à Henri III, le 3 septembre 1584*, que Votre Majesté ne se soucioit point des affaires du roi d'Ecosse, ni de la liberté de la reine, sa mère; et que c'étoit moi qui faisois ces instances plutôt selon mon affection particulière que selon celle de Votre Majesté. » Il montrait ensuite les déplorables conséquences de cette indifférence, et sollicitait une intervention énergique soutenue de la présence d'un ambassadeur extraordinaire*. A ces instances, Henri III ne répondit que par une lettre de rappel (29 octobre 1584)'. Castelnau ne l'avait point demandé, et rien ne pouvait le faire prévoir. La cour voulut-elle se délivrer d'un ambassadeur dont les plaintes l'importunaient? On est réduit sur ce point à des doutes que n'éclaircissent ni les lettres de Castelnau ni les autres documents de l'époque. L'ambassadeur demanda un délai qu'exigeaient ses affaires domestiques*, et qui se prolongea jusqu'au mois de septembre de l'année 1585.
Au moment où la cour de France rappelait ce fidèle -et zélé serviteur, Elisabeth entamait une triple négociation, dont une seule était sérieuse. Nau, secrétaire de Marie Stuart, et Gray, envoyé de Jacques VI, se rendaient à Londres ; le comte de Derby partait pour la France , où il
1. Pièces justificatives ; lettre de Castelnau du 3 septembre 1584.