AMBASSADE DU BARON D'ESNEVAL
1er* » leurs perfides propositions. Elisabeth ne voulait ni ne pouvait disposer de la couronne d'Angleterre. Elle ne le voulait pas ; car elle savait qu'il y en a beaucoup plus qui adorent le soleil levant que le soleil couchant*. Elle ne le pouvait pas; il s'agissait, en effet, d'une question nationale, qui ne se déciderait pas sans l'intervention du parlement. Jacques devait surtout compter en Angleterre sur les seigneurs dévoués à sa mère. Il se les aliénerait en signant une ligue avec Elisabeth , et ne ferait que fortifier le parti de ses adversaires*.
Jacques VI écoutait les représentations de d'Esneval avec une apparence de docilité et de conviction. Il protestait de son amour pour la France et de son zèle pour le maintien de l'alliance française*. Mais, dans ses entretiens particuliers avec Thomas Randolph, il se moquait de l'inexpérience de l'ambassadeur français*, et témoignait le dévouement le plus absolu pour l'Angleterre et la religion protestante. Dès le mois de mai 168d*, la ligue entre l'Angleterre-et l'Ecosse était signée, et l'on n'attendait plus que la ratification solennelle des deux souverains. D'Esneval tenta un dernier effort. S'appuyant sur les anciens traités qui avaient garanti l'alliance de la France et de l'Ecosse, il soutint que les deux nations s'étaient engagées à ne jamais conclure d'alliance sans se proposer au moins l'association. Jacques était donc obligé par serment de demander à Henri III s'il voulait