‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 174 sur 215 · RELATIONS AVEC L'ECOSSE · texte numérisé non relu

RELATIONS AVEC L'ECOSSE

écrit et fait dire bien amplement par l'évêque de Glascow, son ambassadeur par deçà; sur quoi je lui ai dit que je ne manquerai jamais de rendre à mon neveu, le roi d'Ecosse, les devoirs et offices d'amitié auxquels notre voisinance et alliance si proche nous astreignent. »

Les mêmes protestations se retrouvent dans des lettres du commencement de Tannée 1588*. Henri III se préparait même à envoyer un nouvel ambassadeur en Ecosse; il avait fait choix du vicomte Pinart, fils du secrétaire d'État, désigné depuis longtemps pour cette mission. Les instructions de l'ambassadeur étaient déjà préparées *, lorsque la journée des Barricades chassa le roi de Paris ( 12 mai 1588). A partir de ce moment, les événements se précipitèrent avec une rapidité qui fit oublier l'Ecosse. La guerre civile qui déchirait la France, l'arrivée et la ruine de Y Invincible Armada ^ le meurtre des Guise à Blois, le rapprochement entre les rois de France et de Navarre, absorbèrent l'attention publique. La mort même de Catherine de Médicis, qui avait si longtemps dirigé la politique de la France, fut à peine remarquée (5 janvier 1589). Enfin l'assassinat de Henri III, l'avénement de Henri IV, sa lutte contre la Ligue et l'Espagne, la réunion, sur une seule tête, des couronnes d'Ecosse et d'Angleterre, firent perdre pour toujours à la France une alliance de hmt cents ans, fortifiée par des intérêts et des dangers communs, affaiblie par des dissentiments religieux, et la politique intolérante des Guise, rétablie un instant par le zèle et l'habileté de Castelnau, brisée définitivement par l'astuce d'Elisabeth et la faiblesse de Henri III.

Les anciens alliés de la France finirent par s'unir intimement à l'Angleterre, et il ne resta plus à nos rois que la ressource extrême, et peu honorable, de soulever les sujets contre le souverain légitime'. Ainsi, en 1635, Richelieu, qui

1. M8.,Bibl.imp.,f.Béthune,n«8808,fol. 12recto et verso, 13rectoetverso.

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