ÉTAT DE L'ECOSSE EN
nombrables aïeux*. » Malheureusement Tâpreté du caractère national, envenimée par des disputes religieuses, ne tarda pas à troubler l'harmonie de la reine et du peuple. L'Ecosse avait les vices et les vertus des nations barbares, le dévouement sans bornes et les haines héréditaires , l'hospitalité et le brigandage, la fidélité aux personnes et l'impatience de toute domination, l'immobilité des mœurs et le changement perpétuel de gouvernement, l'habitude des sacrifices héroïques et des meurtres atroces. Qu'on ajoute à ces mœurs sauvages l'exaltation des passions religieuses, une majorité protestante soutenue et stimulée par l'Angleterre, une minorité cathoUque encouragée par l'Espagne et par les Guise, et Ton concevra toutes les difficultés de la position de Marie Stuart. Elle s'en tira d'abord avec bonheur.
Tout en ménageant les chefs du parti catholique, les Gordon , les Crawford , les Montrose , Marie parvint à se concilier les protestants modérés, Melvil, Lethington et son frère naturel James Stuart, prieur de Saint-André. Ce dernier, plus connu sous le nom de Murray, parut d'abord le soutien de la reine. Froid, circonspect, maître de ses passions, il se servait des protestants sans se laisser dominer ni entraîner par le fanatisme des ministres. L'Angleterre l'appuyait, et il ménagea entre Elisabeth et Marié les apparences de l'amitié. La France était néghgée. Les protestants d'Ecosse la repoussaient depuis l'imprudente intervention des Guise*.