TROUBLES D'ECOSSE
firait seule pour expliquer la haine que les seigneurs protestants d'Ecosse conçurent contre lui; ils excitèrent avec une odieuse perfidie la jalousie de Darnley contre le secrétaire de Marie Stuart. Il n'est pas de mon sujet d'apprécier les bruits que Ton répandit alors sur les relations de la reine d'Ecosse et de David Riccio. Ce qui est certain, c'est que l'ambassadeur de France en Angleterre, Paul de Foix, en parle dans ses lettres à la cour de France*, et que le dernier historien de Marie Stuart , dont on ne. saurait contester la science et l'impartialité, a donné une nouvelle autorité à ces accusations '. Fondées ou non , elles servaient la haine des factions et fournissaient aux protestants un prétexte plausible pour entraîner le roi dans leur complot. Marie n'avait pas tardé à connaître et à mépriser le caractère vaniteux et frivole de Darnley ; elle ne dissimula pas ses sentiments, et le roi blessé accusa Riccio, unit sa haine à celle des conjurés , et autorisa de son nom et de sa présence le meurtre du secrétaire. Le poignard de Darnley, laissé dans la poitrine de Riccio, attesta la part que le roi avait prise à l'assassinat commis sous les yeux de Marie Stuart '.
La reine d'Ecosse dissimula quelque temps son ressentiment, se réconcilia en apparence avec son mari et pardonna aux seigneurs rebelles. Ce fut encore la France qui ménagea cette pacification de l'Ecosse. Michel de Castelnau fut chargé, pour la troisième fois, d'une mission auprès de Marie Stuart. Il se rendit en Ecosse au mois d'avril 1566 *,
1 . Lettre de Paul de Foix, Bibl. imp., ms., f. Saint-Germain-Harlay, n» 218, 1. 1, ^ 44 V. Cf. Papiers d'État relatifs à Marie Stuart^ t. II, p. 120.