Mis» Strickland, p. 231-2, d’après Spoliswood
LE JUGEMENT DE BOTHW’ELL. 303
à venir de sa personne pour soutenir l’accusation'. Ne nous lassons pas de relever en passant cette nouvelle preuve des mensonges du Journal de Murray sur le séjour continu de Marie à Seton du 24 mars au 10 avril, puisqu’elle préside le Conseil privé, le 28 mars, à Edimbourg.
Elle le préside; mais cela prouve-t-il qu’elU-le dirige et que ses mains affaiblies, sa volonté brisée, conduisent les événements? M. Mignet dit qu’elle se décide à sortir de sa dangereuse et humiliante position, qu’elle veut se couvrir d’un simulacre de justice et mettre son favori sous l'abri d’un acquittement’. Il est évident que Bothwell, quand il appelle ainsi sur sa tête le glaive de la justice, est en collusion avec quelqu’un. Mais avec qui? C’est ce qu’un document judiciaire nous apprendrait, si tant d’autres faits ne nous l’avaient pas montré surabondamment. Ormiston déclara dans sa confession, en 1573, qu’à Pâques de 1567, c’est-à-dire au moment où nous sommes parvenus (Pâques étant le 30 mars), il témoigna ses inquiétudes à Hoihwell sur le toile général qui s’élevait contre lui : * Je vais vous faire voir ce que j’ai pour moi, » lui répondit le comte; et il lui montra le bond signé d’Huntly, d’Argyle, de Lethington et de sir James Balfour8. C’est là, dans l’appui de l’aristocratie, et non dans la faveur de Marie Stuart, qu’il puisait son assurance. Cessons de dire Marie Stuart voulait, Marie Stuart ordonnait, etc.... Tout cela est un abus des mots et des appparences de la monarchie. Tombée dans le plus triste état de prostration physique et morale, elle était à la discrétion de traîtres ligués pour la perdre; ils se jouaient par des simulacres de son désir sincère de punir les assassins, c’est-à-dire eux-mêmes ; sous main, ils attisaient savamment contre elle les passions du peuple qu’ils trompaient aussi.
A l’approche des nouvelles crises, Murray se déroba selon sa coutume. Il quitta l’Écosse, malgré les larmes et les solli-