Lettre de du Croc, Laban., t. VII, p
2. Tiré d’une lettre de Scrope h Cécil, Carlisie, 17 juin 1567 ; de Drury 1 Cécil, Berwick, 18 et 19 juin 1567. Mignet, t. I, p. 328. — Keith, p. 401.
CHUTE DE MARIE STUART
parler», avaient ébranlé des hommes qui souffraient en môme temps de la chaleur et de la soif. La reine avait une bonne raison de traîner en longueur : elle voulait donner le temps d’arriver aux huit cents chevaux que ses amis, elle le savait, amenaient de Linlithgow, et dont la présence lui eût assuré la victoire. Mais, funeste effet de l’intervention de du Croc, comme on avait su par l’ambassadeur que les nobles étaient résolus de combattre le duc en quelque façon que ce fût1, on se mit à dire que la querelle devait se vider en combat singulier. Bothwell et la reine y consentirent alors; un défi fut adressé aux nobles et accepté, parce que de leur côté aussi l’armée était bien aise de n’en pas venir à l’effusion du sang’. Le laird de Tullibardine s’offrit, mais ne fut pas agréé, parce qu’il était d’une condition trop inférieure à celle de Bothwell. Celui-ci somma directement le comte de Morton de s’avancer et de décider la querelle par le combat main à main, entre les deux armées. Ici les lords, dans leurs narrations subséquentes, ont bruyamment accusé Bothwell de lâcheté ; c’était le cas de le mettre à l’épreuve. Mais il paraît que Morton n’en était pas désireux. Comme ses amis le retenaient, en lui disant qu’il valait plus de cent Bothwell, le comte, facile à persuader, accepta pour champion Patrick, lord Lindsay de Byres. 11 l’arma solennellement de son épée ; Lindsay, tombant à genoux, fit une prière pour que Dieu lui donnât la victoire sur le meurtrier du roi. De l’autre côté, Bothwell, après quelques objections sur la qualité de Lindsay, un simple lord, relevait le défi et prenait des dispositions pour le combat, lorsqu’un incident changea la scène. L’armée rebelle était divisée en trois corps, sous Morton, lord Hume et Kirkaldy de Grange. Impatienté de consumer les heures dans l’inaction, Kirkaldy, seul véritable soldat, se