roici le titre de ce pamphlet
Deteclio sive de Varia Scotorum regina, totaque ejus contra regem conjuratione, fiedo cum Bothuelin adulterio. nefaria in mari mm crudelilate et rahie, horrendo insuper et deterrimo ejusdem parricidio, plena et tragica plane historia. — Item. Actio contra Mariam, in qna ream et consciam esse eam hujus parricidii, necessariis arguments eTincitur;ad illustrissimam Klizabeiham, serenissimam Angliæ reginatn, auctore Georgio Buchanano Scoto.
damner Marie par-devant Élisabeth, est attribué à Buchanan. L’auteur du Journal a la prétention d’avoir noté à mesure les entraînements de la reine et les preuves de son adultère.
Mais un instant traversons les années; écoutons les artisans de ces trames ; écoutons-les se dénoncer plus tard euxmémes : « Tout bien considéré, écrit à Cecil (Bolton, 20 octobre 1568) sir Francis Knollys, un des premiers gardiens de la captive sur le sol anglais, tout bien considéré, je ne vois pas que Sa Majesté (Élisabeth) puisse avec honneur et sûreté détenir celte reine, à moins de la perdre absolument aux yeux du monde*. » Et lord Cecil à l’ambassadeur d’Angleterre en France en 1 57 1 : « Vous ferez bien d’avoir plusieurs exemplaires du petit livre latin de Buchanan (la Detectio, qui venait de paraître), et de les présenter à l'occasion, comme de vous-même , au roi , ainsi qu’à plusieurs des nobles de son conseil. Ils nous rendront l’utile service de la déshonorer; ce qui est indispensable avant qu’on puisse parvenir à autre chose*. »
Toutefois, ceux qui ont fabriqué après coup ces pièces accusatrices n’ont pas songé qu’il existait de véritables pièces historiques, qui, écrites sincèrement aux époques qu’ils voulaient décrier, les convaincraient un jour d'imposture. Buchanan et l’auteur du Journal de Murray ont dépeint les déportements supposés de Marie et de Bothwell ; ils ont simulé audacieusement la vérité par un détail circonstancié de dates , de lieux et de personnages ; voici que des archives d'Angleterre et d’Ecosse sortent les documents authentiques, les uns trop négligés jusqu’ici, les autres ignorés. Ils démentent fait par fait, jour par jour, les imputations dirigées contre Marie Stuart. Ils détruisent de fond en comble
1. Unless she shall be utterly disgraced to the world. Goodall, Append., p. 161. Chalmers, II, p. 315, note k.
2. For they will serve to good effect to disgrâce her; which must bc doue, beforn olher purposes can be altained. Goodall, t. I, p. 25. — Chalmers, 111, p. 345, noie 9.
ASSASSINAT DE RICCIO
l’édilice de calomnies dont nous venons de voir les assises premières, et qu’avec un art inouï la faction triomphante éleva, pour y ensevelir sa victime dans l’ignominie et l’exécration.
Reprenons le récit.