‹ Marie Stuart, son procès et son exécution, d'après le journal inédit de Bourgoing, son médecin; la correspondance d'Amyas Paulet, son geôlier, et autres documents nouveauxChapitre 2 sur 226 · SIV · texte numérisé non relu

SIV

Nous avons soumis nos observations et notre opinion à Téminent historien de Marie Stuart^ M. Jules Gauthier, et voici la réponse qu'il nous a fait Thonneur de nous adresser :

« J*ai lu avec une très-grande attention et le plus vif intérêt le manuscrit de Bourgoing que vous avez bien voulu me prêter. Je dis le manuscrit de Bourgoing^ parce qu'il est bien de lui ; on ne saurait en douter après les preuves nombreuses et on ne peut mieux déduites que vous en donnez. Il ne peut avoir été écrit que par un témoin oculaire, et ce témoin oculaire ne peut être que Bourgoing» La lecture en sera intéressante pour tous, mais particulièrement pour ceux qui, comme vous et moi, ont étudié Thistoire de cette victime si sympathique de la politique anglaise. Il y a dans votre précieux manuscrit maintes conversations, maints détails qui sont neu&, mais qui ne font que confirmer ce qu on savait déjà de la force d'âme, de la vigueur d'intelligence et de la résignation de Marie Stuart ' . n

Il résulte de certains passages de la Relation intitulée : la Mort de la Royne d'Ecosse^ que Fauteur de ce touchant Récit de la fin du seizième siècle connut notre manuscrit, qu'il lui emprunta même quelques passages, — ce qui en confirme l'authenticité, — et qu'il annonça qu'il serait bientôt publié, ce qui n'eut pas lieu, on ignore

^ Lettre du 10 mari iS75.

pour quel motif ^ Quant à Tauteur anonyme de la Mort de la Roy ne (V Ecosse, c*est par erreur que les historiens, qui se sont copiés les uns les autres, ont supposé que c'était Bourgoing lui-même. L'auteur de la Relation dit bien ) il est vrai, qu'il est un des anciens serviteurs de Marie ) mais il ajoute qu'il n'assista pas à ses derniers moments et que c'est par les autres serviteurs de la Reine ) et surtout par Bourgoing, qu'il te procura les détails si dramatiques qu'il nous a transmis.

A part quelques fragments fort peu nombreux de la fin de son Journal, que Bourgoing communiqua à l'auteur anonyme de la Mort de la Royne d* Ecosse, et à Black- Wood, l'autçur de la Relation intitulée : le Martyre de Marie Stuart, Royne d'Ecosse, son Journal est entièrement inédit pour toute la partie du procès, pour tous les événements qui s'accomplirent depuis la translation de Marie à Tixall jusqu'aux jours qui précédèrent son exécution. M* le directeur du Rritish Muséum a bien voulu nous

' « La même choie, est-il dit dans la Mort de la Royne iT Ecosse, te ?erra amplement au premier Discovws des choses faites et advenues depuis le jour de sa dernière restriction (rarrestatîon de la Beine) jusques au jour de la com- ■lisiîon de sa mort, tetjuêl vous sera présenté en peu de temps, où on pourra ▼0^* comme vertueusement et avec une grande prudence et expérience des affaires elle s'est comportée tonte seule, sans avoir aide d'aucun qui eût connaistance de Tétat ou des choses passées. ■ Et page 6Si de Jbbb, t. II :

• Sa Majesté ayant répondu en peu de propos une partie de ce t/ui est plus à plein en Vautre Discours, leur demanda quand elle devait mourir, etc. »

• Son makre d'hôtel ayant été séparé d'avec elle, comme est écrit en Vautre Diâcùurs, etc. » (Jbbb, t. II, p. 625.) Nous ne doutons pas que toutes ces phrases ne ÊMsent allusion au Journal de Bourgoing,

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confirmer dans cette opinion; elle est partagée aussi par M. Jules Gauthier, Thomme, sans contredit, qui a consulté le plus de documents manuscrits et imprimés sur Marie Stuart ' .

C'est principalement à Taide de cet important document et de la Correspondance de Paulet, récemment publiée à Londres, que nous pourrons suivre pas à pas Marie Stuart, pendant les sept derniers mois de sa vie, sur la voie don* loureuse qui la conduisit à Téchafaud.

' Outre le Journal de Bourgoing^ notre manuscrit contient deux lettres de Marie Stuart, Tune, entièrement inédite, de d^ux pages in-folio, adressée par elle à Élisabetli, après la première notification de la sentence de mort par lord Backurst; Tautre à Henri III, la veille de Texécution. Le texte de cette dernière es( bien connu, mais celui de notre manuscrit offre quelques variantes intéressantes- On sait que ce lut Bourgoing qui fut cbargé de porter cette lettre au Roi de France; rien de plus naturel, dès lors, qu'elle figure en tête de son Journal. Nous publions la lettre inédite de Marie Stuart à Elisabeth à la suite de cette Relation, et le nouveau texte de celle adressée à Henri III dans le corps de notre Récit.

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