‹ Marie Stuart, son procès et son exécution, d'après le journal inédit de Bourgoing, son médecin; la correspondance d'Amyas Paulet, son geôlier, et autres documents nouveauxChapitre 43 sur 226 · CHAPITRE TROISIÈME. 8T · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME. 8T

laissais à Cbartley jusqu'à Tarrivée de cette dame (c'est ainsi qu'il désignait la reine d'Ecosse), je ne pourrais plus l'en éloigner qu'avec la plus grande difficulté. — Veuillez vous rappeler de m'envoyer vos instructions touchant Mistress Pierrepont, Melvil el Pasquier, qui sont confiés à MM. Treutham, Bagot et Littleton. — Je ne manquerai pas, suivapt votre avis, de raconter à Sa Majesté, dès que je le pourrai, toutes les circonstances qui se sont présentées depuis la prétendue partie de chasse, bien que je ne doute pas que Sa Majesté n'en ait été informée par M. Gorges et par M. Waad, sans omettre ce qui s'est passé avant leur départ. Depuis la venue de cette dame ici (à Tixall), je ne lui ai pas parlé et je ne l'ai pas vue. Sa Majesté peut croire que j'ai une si bonne expérience du fidèle dévouement envers elle de M. Darrell *, et de sa froide indifférence pour cette dame, que je voudrais lui laisser plutôt qu'à tout autre la garde de Ghartley, car je sais à quel point il a Bdèlement rempli son devoir. Je puis vous assurer que tous les gens de cette dame {lady)^ depuis qu'ils sont ici, n'ont eu aucun^ correspondance, et, dans ce dessein, je leur refuse plumes, encre, papier; et, dès le lendemain de mon arrivée ici, j'ai éloigné les serviteurs de sir Walter Aston. Cette lady n'est pas sortie de sa chambre et de la galerie, et aucune personne de sa suite, depuis notre arrivée, n'a passé le vestibule. Je n'ai pas l'intention, pendant mon séjour ici, d'avoir une conversation avec cette dame. Mais lorsque j'aurai causé avec elle, il se peut que j'aie bien des choses à vous apprendre. — Je vous prie d'écrire deux ou trois mots de remercfment, de la part de Sa Majesté, à sir Walter Aston, qui vraiment l'a bien mérité, comme le sait le Tout-Puissant". »

' Le maître d*liôtel qu'Elisabeth avait envoyé auprès de Marie pour diriger la raaisoo.

* Paulet à Wahinffham, 22 août; The LeUer-Books of sir Amias Poulet, etc., p. 268 à 270. •

88 MARIE STUAKT.

Paulet envoya à Elisabeth un récit détaillé des événements qui se passèrent lors de la translation de Marie Stuart à Tixall; mais comme cette lettre ne fut pas remise à Walsingham, elle ne se trouve pas au State Papers^. Le 24 août, Paulet adressait les lignes suivantes à Walsingham : « Gomme vous m'avez requis, par ordre de Sa Majesté, de lui écrire tout ce qui s'est passé entre cette dame et moi, lorsque j'ai exécuté vos (derniers) ordres, et aussi comment elle s'est comportée depuis l'arres'tation de ses secrétaires , j'ai pensé que le plus tôt serait le meilleur,*., et par conséquent je vous envoie ma lettre ci-incluse pour Son Altesse *... Mon intention est de ramener cette lady à Chartley dès demain, parce que tous ces gens ne peuvent rester ici sans danger imminent, et sans grandes charges pour Sa Majesté, surtout pour l'hiver, par la raison que l'on n'a pas &it d'avance des provisions. J'entends dire que tous les jours on arrête des traîtres; que Dieu en soit loué, etc. '. » .

Walsingham se hâtait de répondre à Paulet : « M. Gorges et M. Waad sont arrivés à Londres, dimanche soir, avec toutes leurs prisés, et Sa Majesté a été merveilleusement satisfoitë des mesures que vous avez ordonnées pendant les recherches faites dans cette maison (de Chartley) . Elle s'est exprimée , en parlant de vous, dans les termes les plus gracieux, soit avec les lords du conseil privé , soit en son particulier. Il est impossible qu'un prince puisse louer plus dignement les services

^ Morris, The Letter^Books of sir Àmias Poulet, p. 270.

^ « Je vous prie de me dire, poursuivait Paulet, ce que je doii faire du reste de cette famille écossaise (la suite de Marie Stuart). Dès que j*en aurai le temps, je vous enverrai leurs noms, surnoms et charges, sur quoi vous pourrez réfléchir si vous devez les garder ou les renvoyer, a

' De Tixall, 24 août. Mous ferons remarquer, une fois pour toutes, que Boorgoing, dans son Journal^ se sert toujours du calendrier anglais, qui est de dix jours en retard sur le calendrier grégorien. Ainsi le 10 août du calendrier anglais correspond au 20 août du calendrier grégorien, et ainsi de suite.

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