‹ Marie Stuart, son procès et son exécution, d'après le journal inédit de Bourgoing, son médecin; la correspondance d'Amyas Paulet, son geôlier, et autres documents nouveauxChapitre 76 sur 226 · CHAPITRE HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIEME

mise eD jugement, il serait disgracié et déshonoré aux yeux de toute la chrétienté, et que si elle était condamnée, il perdrait tontes ses chances à la couronne d* Angleterre' •

Parmi les papiers saisis à Chartley, se trouvait un testament de Marie, par lequel elle déshéritait [son fils de ses droits auà trône d*AngIeterre , non d^une manière absolue, comme* Tavance M. Fronde, mais uniquement dans le cas où il ne voudrait pas embrasser la religion catholique*. Une copie decet acte fut envoyée sui^le-champ au jeune roi par Walsingham, avec Fassurance formelle que, malgré tout ce qui pour» rait arriver, ses intérêts ne seraient nullement compromis» . Satisfait de cette promesse, Jacques répondit à ses amis qu'il n'interviendrait pas è moins que sa mère ne f6t menacée d'être exécutée. Sa seule crainte était qu'on ne le soupçonnât d'avoir consenti au procès et d'avoir cédé aux avis de ses conseillers intimes, qui, tous, se montraient favorables aux mesures-extrêmes '.

« Le roi, écrivait le perfide maître de Gray, l'un d'entre eux, à Archibald Douglas, l'un des assassins de Damiey, qui ' n'en était pas moins des plus avant dans la faveur de Jacques^ . le roi est bien disposé en toutes choses, comme lorsque vous l'avez quitté, et il est très-content de la découverte de cette affaire. Mais son opinion est qu'il ne peut pas^ sans blesser son honneur, consentir à la mort de sa mère. Cependant il est satisfait qu'elle soit étroitement gardée, et que tous ses vieux . fripons de serviteurs soient pendus, surtout ceux qui ont tout conduit. Ainsi vous devez agir prudemment^, afin d'éviter tout ^î

1 D'Emeval à Courcettes, lettre interceptée et dédiiffree, Mss. de la reine ^Ecosse.

> Fhoudb's HisUny of Elisabeth, toI. VI.

' Ibidem.

^ Archibald Douglas se rrouvait alors en mission auprès de la cour de Londres.

désagrément, en ne perdant pas de vue, toutefois, qu^il y a nécessité, pour le bien des honnêtes gens, qu'elle (Marie Stuart) soit desservie'. »

: Walsingham, par un raffinement d'hypocrisie bien digne de lui, déclara que le consentement du roi ne serait pas publiquement exigé, car, disait-il, il serait contra bonos mores de voir un fils prendre ouvertement parti contre sa mère. II lui suffisait d'être assuré de Tinaction de Jacques. Elisabeth pensait, de son côté, que ce prince ne. ferait aucune objection contre la mise eh jugement de sa mère, d^autant plus, disait-elle, ^[jû'il n'ignoi'è pas « la cruelle conduite qu'elle a tenue envers son père * • . Mais elle était décidée, s'il se montrait opiniâtre, à vaincre sa résistance par tin acte dans lequel elle eût menacé de Texclure de la succession au trône d'Angleterre'.

Pendant ce temps-là, Burghley ne négligeait rien pour consommer la ruine de Marie Stuart. (1 mit en circulation un écrit intitulé : Note des torts et des outrages commis par la reine d'Ecosse envers Sa Majesté la reine. Il lui reprochait « d'avoir usurpé les ailmes et le titre de reine d'Angleterre, alors qu'en les prenant elle avait seize ans à peine et n'avait cédé qu'aux ordres de son beau-père Henri II ; d'avoir refusé de ratifier le traité d'Edimbourg; de s'être déclarée la descendante légitime de Henri VII, et enfin d'avoir fait dresser une généalogie pour prouver qu'elle, représentait la race des anciens rois bretons, etc. ^. »

1 Le maître de Gray à Àrchibald Douglas, i8-S8 septembre, dans Mdiioi5.

3 Walsingham au maître de Gray^ i7-S7 septembre, dans Mubdiv.

3 Cbâteaunenf écrivit à Gourcelles pour le prier de laire tous ses efforts auprès de Jacques VI, ■ sans se laisser abuser, disait-il, par une vaine déclaration de successeur, dont l'on commence déjà à parler ici pour Tendormir • . 25 septembre, 5 octobre, lettreT interceptée, Mss. of Scotland; Fboui»b*s History of England, Reign of Elisabeth, yol. VI.

^ Elisabeth écrivait alors à Walsingkam, qui était parti avec les autres pairs pour Fotheringay : ■ Quand tout sera Hni, je crains que la r^ioie

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