ACTE II, SCÈNE
Je tends à sa clémence un piège inévitable.
L’aspect du souverain porte grâce au coupable.
MORTIMER
Si l’entrevue enfin ne laisse dans son cœur Que d’un orgueil jaloux l’inflexible rigueur;
Que ferez- vous P
LEICESTER
Alors nous trouverons peut-être Des moyens plus puissants qu’on vous fera counaître.
MORTIMER
Ces moyens sont trouvés. * ’* ' ■• > !
Quoi! ...
MORTIMER
J’attends votre appui.
LEICESTER
Que dites-vous ? Stuart...' , .
MORTIMBR.
Je la sauve aujourd’hui.
LEICESTER. -
O ciel ! vous m’effrayez, vous voulez...
MORTIMER
, Oui , sans doute ;
M’ouvrir jusques vers elle une sanglante route.
Mes amis sont tout prêts.
LEICESTER
Vous avez des amis,
Confidents du secret à votre foi commis ?
MORTIMER
Et qui tous ont juré de mourir pour leur reine.
MARIEE STUART.
LEICESTER
Malheureux ! dans quel gouffre avec eux il m’entraîne! Vous avez des amis qui savent mon secret ?
MORTIMER
Ne craignez rien; sans vous j’ai conçu ce projet;
Et j’eusse encor , sans vous , accompli l’entreprise ,
Si l’on n’eût commandé qu’elle vous fût soumise.
. , . . r LEICESTER.
Ainsi, quand vous formiez ce complot hasardeux, Mon nom n’a pas été prononcé devant eux ?
MORTIMER."'
Non, non ; mais quel 'discours ? quoi ! vous aimez Marie, Quoi-! vous gagnez un trône en lui sauvant la vie , 'Et quand , pour la soustraire à son prochain trépas, Des amis imprévus vous proposent- leurs bras ,
Vous témoignez du trouble et non pas de la joie!
LErCESt fi II.
Suivons , pour la sauver , une plus sûre voie.
La hâte est dangereuse.
MORTIMER
Et la lenteur l’est plus.
LEICESTER
C’est chercher follement des hasards superflus.
MO R TIWfiR.
Vous voulez son hymen, mais nous, sa délivrance.
LEICESTER
Vous montrez trop d’ardeur.