‹ Marie Tudor; La EsmeraldaChapitre 22 sur 88 · LE LORD CHANCELIER · texte numérisé non relu

LE LORD CHANCELIER

Comte de Clanbrassil, qu'avez-vous à répondre? Reconnaissez-vous cet homme?

Non.

GILBERT

Au fait, il ne m'a vu que la nuit. — Laissez-moi lui dire deux mots à l'oreille, madame. Cela aidera sa mémoire.

Il s'approche de Fabiani.

— Tu ne reconnais donc personne aujourd'hui, milord,

pas plus rhomme outragé que la femme séduite? Ah! la reine se venge, mais l'homme du peuple se venge aussi. Tu m'en avais défié, je crois ! Te voilà pris entre les deux vengeances, milord! Qu'en dis-tu? — Je suis Gilbert le ciseleur!

FABIANI

Oui, je vous reconnais. — Je reconnais cet homme, milords. Du moment où j'ai afiaire à cet homme, je n'ai plus rien à dire.

LA REI^E

Il avoue!

LE LORD CHANCELIER, à Gilbert.

D'après la loi normande et le statut vingt-cinq du roi Henri VIII, dans les cas de lèse-majesté au premier chef, l'aveu ne sauve pas le complice. N'oubliez point que c'est un cas où la reine n'a pas le droit de grâce, et que vous mourrez sur l'échafaud comme celui que vous accusez. Réfléchissez. Confirmez-vous tout ce que vous avez dit?

GILBERT

Je sais que je mourrai, et je le confirme.

JANE, à part.

Mon Dieu! si c'est un rêve, il est bien horrible!

LE LORD CHANCELIER, à Gilbert.

Consentez-vous à réitérer vos déclarations la main sur l'évangile?

n présente l'érangile à Gilbert, qui y pose la main. GILBERT.

Je jure, la main sur l'évangile, et avec ma mort prochaine devant les yeux, que cet homme est un assassin; que ce poignard, qui est le sien, a servi au crime; que cette bourse, qui est la sienne, m'a été donnée par lui pour le crime. Que Dieu m'assiste! c'est la vérité!

LE LORD CHANCELIER, à Fabiani.

Milord, qu'avez-vous à dire?

FABIANI

Rien. — Je suis perdu !

SIMON RENARD, bas, à la reine.

Votre majesté a fait mander le bourreau. Il est là.

LA REINE

Bon. Qu'il vienne.

Les rangs des gentilshommes s'écartent, et l'on voit paraître le bourreau, vêtu de rouge et dj noir, partant sur l'épaule une longue épée dans son fourreau.

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