‹ Marie Tudor; La EsmeraldaChapitre 44 sur 88 · CHOEUR DES TRUANDS · texte numérisé non relu

CHOEUR DES TRUANDS

Vive Clopin, roi de Thune!

Vivent les gueux de Paris!

Faisons nos coups à la brune, Heure où tous les chats sont gris.

Dansons ! narguons pape et bulle, Et raillons-nous dans nos peaux, Qu'avril mouille ou que juin brûle La plume.de nos chapeaux!

Sachons flairer dans l'espace L'estoc de l'archer vengeur, Ou le sac d'argent qui passe

Sur le dos du voyageur!

Nous irons au clair de lune Danser avec les esprits... — Vive Clopin, roi de Thune!

Vivent les gueux de Paris!

CLAUDE FROLLO, à part, derrière un pilier, dans un coin du théâtre Il est enveloppé d'un grand manteau qui cache son habit do prêtre.

Au milieu de la ronde infâme, Qu'importe le soupir d'une âme?

Je souffre! oh! jamais plus de flamme Au sein d'un volcan ne gronda.

Entre la Esmeralda en dansant.

CHOEDR.

La voilà! la voilà! c'est elle! Esmeralda!

CLAUDE FROLLO, à part.

C'est elle! oh! oui, c'est elle!

Pourquoi, sort rigoureux, L'as-tu faite si belle, Et moi si malheureux?

Elle arrive au milieu du théâtre, les truands font cercle avec admiration autour d'elle. Elle danse.

Je suis l'orpheline, Fille des douleurs.

Qui sur vous s'incline En jetant des fleurs; Mon joyeux délire Bien souvent soupire ; Je montre un sourire, Je cache des pleurs.

Je danse, humble Tille, Au bord du ruisseau, Ma chanson babille Comme un jeune oiseau :

Page 1