‹ MarieRose drame en cinq actesChapitre 102 sur 113 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les Mêmes DE LORMEL, puis RENÉ.

de lormel, tenant de la gauche.

Ma chère Léonie, Adrienne vous attend pour descendre au salon... Ah çà, vous avez pardonné, j’espère, h notre fugitif, son escapade d’il y a quinze aus... Le jour où l’on marie sa fille on n’en veut plus k personne... dans tous les témoins de son bouheur, on ne voit que des amis. (Il tend la main à Simiane, qui s'incline en lui serrant la main.)

rene, entrant virement par le fond à droite.

Pardon: mon père est ici, n’est-ce pas?

DE LORMEL

Qu’avez-vous donc, René ?

LEONIE.

En effet... il est tout pâle, tout ému !...

RENÉ

Oui, pâle de colère... ému d’indignation.

SIMIANE

Et d’où vient ce grand courroux, mon ami?

RENÉ

Je vous le dirai quand nous serons seuls, mon père.

LÉONIE

Nous nous relirons...

; Oui, mais seulement si vous l’exigez, Simiane... car cette agitation m’étonne et m’inquiète...

SIMIANE

Restez... je ne sais ce dont il s'agit... mais les secrets de

MARIE-ROSE

René h son père peuvent toujours se dire devant des amis tels que vous... (. A Réné.) Voyous, parle, explique-toi.

RENE

Quand vous aviez mon âgf, si un homme eût cruellement insulté votre père, qu’auriez-vous fait?

SIMUNE.

Je comprends ce que tu as voulu faire, s’il est vrai que ceci soit arrivé... Mais crois-moi, mon fils, c’est un lâche ou un fou l’homme qui s’adresse à l’enfant quand le père peut lui répondre.

RENÉ

Enfant!... voilà le mot de mépris qu’il m'a jeté quand jo lui ai offert mon sang à la place du vôtre. J’allais, vous le savez, à la recherche de la Mignonne... A-rmé de votre lettre qui m’autorisait à la réclamer partout, je nto présente à la ferme de Montmayour où elle était servante. A' l’aspect de votre cachet et de votre écriture, le maître de la fèrme se trouble et pâlit. Tirant de son portefeuille une autre lettre, il lc-s compare toutes deux ; puis, saisi d’un violent accès de colère, il s’écrie : Ah! ma vengeance rencontre un homnaè, enfin!... Alors il vous nomme, vous insulte et demande où vous vous cachez. Un gentilhomme ne se cache, pas lui ai-je répondu; suivez-moi, monsieur!... Et il est là cet homme!... il m’a dit que si vous refusiez de l’entendre, c’est ici, publiquement, qu’il vous insulterait.

SIMUNE.

Il a dit cela ?

PE I.OUMEL.

Insulter mon hôte!

1ÉONIE.

Un pareil éclat !

SIMUNE.

Mais quel est donc cet ennemi?

RENÉ

Vous le connaissez, mon père. ..cet homme s’appelle Ambroise.

SIMUNE.

Ambroise !

léonie, d part.

O mon Dieu !

DE LORMEL

Qu’importe !... je vais le faire chasser. (Il sonne.) siMUNE, plus calme.

Pardon, monsieur le comte; si c’est Ambroise qui me demande je dois le voir... je le verrai !

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