MARIE-ROSE, LÉONIE
léonie à elle-même, en examinant les étofjes.
Je pouvais être remarquée sur cette place... ici je serai mieux pour m’informer et, s’il le faut, pour atteudre.
marie-rose h Léonie.
Ce que mîdame examine lk est trop commun pour elle. . . nous avona ça en bien plus belle qualité.
LÉONIE
Je suis entrée par hasard... sans idée fixe.
MARIE-ROSE
Tant mieux pour la marchande, madame... Quand le chaland, ne vient pas absolument pour une chose, il est raro qu’on no lui en vende pas plusieurs. (Passant dans le comptoir à droite.) Si ma-
MARIE-ROSE
dame veut voir nos rubans, nos dentelles... [Elle place plusieurs carions sur le comptoir.)
léonie, avec hésitation.
Pardon, madame... le bureau de la poste restante?
MARIB-ROSE.
11 est presque en face, en tmrnant un peu à droite.
LÉON! B
Je sais... Mais à quelle heure ouvre-t il?
MARIE-ROSS
Dès qu’il a reçu le courrier, il ne peut tarder; d’ailleurs, on le voit arriver d'ici.
léonib, à part.
Simiane a dû m’écrire pourquoi il n’a pas reparu chez moi depuis le retour de mon mari. Attendons. [Haut.) Montrez-moi donc vos dentelles. (Elle s'assied.)
marie-rose, ouvrant successivement scs carions.
Volontiers . . Tenez j’ai Ih une très jolie occasion en Valenciennes. (Elle montre une pièce de dentelles. ) Dessin riche, belle largeur.. . Nous ne tenons pas cet articlc-là d’ordinaire. C’est une commission... on laisse la pièce pour soixante francs. (On entend claquer le fouet d’un postillon.)
léonie
Serait-co lo courrier?
Justement, madame. Il n’est encore qu’au bout de la rue; mais dans quelques minutes le bureau restant sera ouvert.
léonie, à part.
Enfin ! (Haut.) Je prends cette dentelle.
MARIE-ROSE
11 faut aussi a madame un assortiment de rubans. Eri voici façon de Saint-Étienne, qu'on fabrique dans mon village, à Samt-Estève.
LÉONIE
Vous êtes du village de Saint Estèvo?
MARIE ROSE. *
Oui, madame, tout près de Lambesc ; vous connaissez quelqu’un dans co pays-là?...
LÉONIE
Non, pas positivement; car je n’y suis passée qu’une fois; j’étais bien jeune alors ; j’avais cinq ans, et je voyageais avec ma famiilo. Un accident arrivé à notre berline nous força de nous arrêter quelques heures dans ce village. Tout près do la maison de poste où nous étions descendues, habitait une pauvre