SCENE X
JEAN CAUSSADE, CATOR, Moissonneurs, puis GEORGETTE,
CAUSSADE
Allons, du cœur, les amis, rentrons vile en grange c’ que l’ouragan d’aujourd’hui nous a laissé do nos pauvres gerbes qu’étaient si belles hier au soir ; allons, Cator, allons, mon vieux.
MARIE-ROSE
CAÎOR.
Ça n’est pas le cœur qui manque, non dà, c’est la force. .. Voilà huit heures que nous travaillons, là, sans débrider, et aussi, sauf vol’ respect, sans manger.
CAOSSADE.
Vraiment? après ça, l’orage m’a tant tellement bouleversé... Ecoutez donc, mes enfants, quand le veut souffle si fort, qu’il découvre les trois quarts de vos bâtiments, quand le tonnerre éclate si souvent qu’on ne voit plus que feu et flamme, quand la pluie tombe si dru que la rivière débordé et que l’eau entraîne ce que le vent n’a pas emporté et ce que le feu du éiel n’a pas brûlé , ma fine, on peut ben oublier le déjeuner et le dîner iloû.
georgettb, apportant une énorme chaudière et suivie d’une servante apportant des écuelles et des cuillers.
Oui... mais, quand on a une femme qui a de la tête, rien n’est oublié, et v’ià la soupe.
CAtOR.
Vive madame Georgette...
Elle ne sera peut-être pas fameuse .. je ne sais pas trop avec quoi elle a été faite. .. mais c’est de bonne amitié que je vous l’offre.
CATOR.
Si, avec votre bonne amitié, vous y avez mis du chou et un peu de lard, on s’en contentera encore... A la soupe, tout le monde.