ACTE Iir
LFS MOISSONNEUSES.
Non.
CATOK.
C’est un joli brin de fille tout d’ môme... En attendant que vous ayez allumé du feu, je vais vous la réchauffer, moi.
CAUSSADE
Avec quoi?
CATOR.
Avec mon cognac... ).e cognac, ça ferait revenir un mort. (Il lui donne sa gourde, Georgetie l'approche des lèvres de la Mignonne el fait avaler à l'enfant quelques gouttes de liqueur. La Mignonne fait aussitôt un mouvement.) Frottez-lui les tempes. .. et le creux des mains avec ce qui reste, et vous allez la voir courir tout à l’heure.
georgettb, à une moissonneuse.
Toi, va dire h Mariette de jeter une bourrée dans J’fttre. (La moissonneuse entre dans la ferme.) Le fait est que la voilà qui revient. . .
CATOR.
J’en étais sûr. . . le temps se remet, nous allons botteler les dernières gerbes, n’est-ce pas, maître Caussade ? (Bas.) Si j’aides nouvelles de la folle, je viendrai vous les donner. (Haut.) Allons, vous autres, on n’a plus besoin de vous ici, et il y a encore du blé à ramasser sur le plateau. ( Ils sortent tous et laissent en scène Caussade , Georgelte el la Mignonne.)
GEORGETTE
Dis donc, mon homme, ça va mieux! ses mains se réchauffent, et elle rouvre les yeux.
LA MIGNONNE
Où suis-je doue?
GEORGETIE.
Auprès de bonnes gens qui ont bien tremblé pour vous.
LA MIGNONNE
Pour moi?. . . Oh ! oui... j’avais perdu mon chemin. . . l’inondation m’a surprise... j’ai couru jusqu’au pied d’une grande croix ; là, j’ai prié. . . j’ai eu bien froid. . . bien peur. . . puis. .. je ne,me souviens plus. . .
GEORGETTE
Vous vous êtes évanouie, et l’eau qui monte encore vous aurait emportée st un digue homme, au risque de sa vie, n’était allé vous chercher.
CAUSSADE
Ce n’était pas commode.
MARIE-ROSE
la mignonne, à Caussade.
Cel homme, mon sauveur, c’est vous ?
GEORGETTE
Lui? Ah bien ouil II fallait un autre gaillard pour ça, et c’est votre patronne, pour sûr, quia fait passer là monsieur Ambroise.
LA MIGNONNE
Monsieur Ambroise?
GEORGETTE
Le fermier de Montmayour. Ah ! c’est un homme celui-là! la mignonne.
Lui!.. . c’était lui!. . .
GBORGETTB.
Vous le connaissez?
LA MIGNONNE
Moi?.. . non, du tout. . . je ne connais personne.
Vous n’ôtes donc pas de ce pays?
LA MIGNONNE
Non, je viens de très-loin.
GEORGETTE
Jeune et délicate comme vous ôtes?... votre famille vous a laissée partir ainsi seule?
LA MIGNONNE
Je n’ai pas de famille.
GEORGETTE
Pauvre petite!.. . Comment vivez-vous?
LA MIGNONNE
De mon travail. Comme la moisson est finie, je voulais me placer comme servante, et on m’a fait espérer qu’à la ferme de Montmayour on voudrait bien de moi.
CAUSSADE
A la ferme de Montmayour ?
LA MIGNONNE
Oui. . . on m’a dit que la maîiresso do la ferme était souffrante depuis longtemps, et j’ai l'habitude de soigner les malades. CAi’SsAor, a pari .
Merci ! une malade commo Marie-llose!
la moissonneuse, rentrant.
11 y a bon feu dans Pâtre, marne Georgette.
GEORGETTE
Bien, Venez, mon enfant, vos hardes sont toutes mouillées, il