ACTE IV
URSULE
C’est donc bien vrai, Ambroise, vous aimez encore Marie- Rose ?...
ambroise, la faisant asseoir.
Vous en doutiez, et c’est pour vous en assurer que vous ôtes venue... Mais comment et par qui avez-vous pu savoir que nous demeurions ici?
URSULE
Ce n'c'st plus un secret pour personne depuis que notre malheureuse folle s’ est échappée de chez vous pendant l’ouragan de l’autre semaine... Ceux qui l’ont ramenée à Montmayour ont dit tout ce qui était arrivé ce jour-là... on en parle à plus de vingt lieues à la ronde... et, grâce au ciel, la terrible nouvelle, en passant par Saint-Kstève, m’a trouvée assez forte pour entreprendre mon dernier voyage.
AMBROISE
Le dernier!... j’espère bien que non : à présent que vous savez la route de chez nous, vous y reviendrez.
URSULE
Je no suis pas venue pour m’en aller, Ambroise... Jo pouvais supporter le chagrin de no pas voir ma fille tant que j’avais l’autre auprès de moi... mais vivre seule dans ma maison!... ça ne m’était pas possible!... Je suis partie en me disant î je n’ai pas mérité qu’Ambroise me punisse, et puisque sa volonté m’a forcée de me séparer de l'enfant, ii faut que sa pitié réunisse les deux mères.
ambroise, ému.
Non pas ma pitié, mère Ursule... mais mon désir, ma volonté aussi... C’est convenu, vous resterez chez moi... près do Marie- Rose... Ah ! c’est maintenant que les bons soins ne lui feront pas faute; pour veiller sur elle, elle aura vous et la Mignonne. ursule, attendrie et interrogeant avec embarras.
La Mignonne? ( A part.) Enfin! il me parle d’elle! (Haut.)