‹ MarieRose drame en cinq actesChapitre 96 sur 113 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

présente à Ursule le papier sur lequel elle dessinait au commencement de l'acte.)

URSULE et LA MIGNONNE.

Un portrait!

marie*rose, allant à la Mignonne.

Tiens, tu yas me la nommer, toi !

LA MIGNONNE

Moi, madame?

MARIE-ROSE

Regarde! regarde bien. ...

la mignonne, ijw a regardé. . ' 1 Mais, oui, je connais celte femme.

Toi, c’est impossible.

LA MIGNONNE

Vous la connaissez aussi, mère Ursule... Cette femme, c’est madame de Lormel.

MARIE-ROSE

Ah ! je savais bien que tu me dirais son nom !

URSULB.

Ce portrait ressemble en effet h... Mais madame de Lormel n’a jamais connu Marie-Rose, et n’a jamais été à Marseille, elle me l’a dit... Oh! chasse cette pensée, mon enfant; le hasard seul a fait cette ressemblance.

la mignonne, prenant le portrait.

Oh ! je le saurai, moi.

MARIE-ROSE

Ainsi, vous ne me croyez pas non plus, ma mère... Vous allez m’accuser, me maudire, comme a fait Ambroise...

URSULE

Non, non ; alors même que tu serais coupable... Après tant do souffrances et de tortures, ta mère, qui est une honnête femme, .ta mère te pardonnerait.

marie-rose, brusquement.

Eh bien, pardonnez-moi, ma mère.

URSULE

Te pardonner ?

MARIE-ROSE

Oui... un crime.

URSULE et la mignonne.

Un crime? . . .

MARIE-ROSE

marib-rose, très-simplement.

Je vais me tuer.

URSULE et LA MIGNONNE.

Grand Dieul

MARIE-ROSE

Oh! j’ai ce qu'il faut pour mourfr, là, dans ma chambre... (Elle fait un mouvement vers la maison .)

ursule, l'arrêtant.

Tu n’iras pas!

LA MIGNONNE

Je vais appeler monsieur Ambroise.

MARIE-ROSE

Ambroise?... Oui, qu’il vienne, qu’il me tue, comme il a tué ma tille !

LA MIGNONNE

Sa fille !

MARIE-ROSB.

Oui, ma Geneviève, que Dieu m’avait donnée si fraîche et si belle, et qu’Ambroise a arrachée de mes bras... Si jo veux mourir, c’est que ma Geneviève m’attend... c’est que je veux revoir ma fille !

la mignonne, à Ursule.

Mais ditesi lui donc que sa fille existe.

MARIE-ROSE

Hein! qu’est-ce que tu dis?

URSULE

La vérité.

MARIE-ROSE

Oh ! vous me trompez.

URSULE

Ambroise a été cruel, mais il n’a pas été le meurtrier de ta fille; il a repoussé l’enfant qu’il no croyait pas le sien, mais il ne l’a pas tué. ( Embrassant la Mignonne.) Je le sais bien, moi qui te l’ai gardé quinze ans.

MARIE-ROSE

Vous... vous !...

la mignonnb, à Marie-Rose.

Elle a vécu quinze ans sans vous connaître ; quand on lui a dit qu’elle était votre fille, on lui a dit aussi que vous étiez malheureuse, et alors elle est venue à toi, ma mère.

MARIE-ROSE

Toi... c’était toi...

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