‹ Marine Marchande Primes Et SubventionsChapitre 10 sur 70 · LA QUESTION DU FRET · texte numérisé non relu

LA QUESTION DU FRET

Il existe une cause principale de la décadence de notre marine marchande. C’est la pénurie de fret de sortie.

« Nos navires ne peuvent trouver dans nos ports, qui exportent surtout les produits ouvrés, peu encombrants, de notre industrie, le fret de sortie que nos concurrents réalisent au départ, au moyen de leurs charbons, bois, blés, ete... D'où l'impossibilité pour les armateurs d’encasser, dès le début d'une expédition maritime, avant toute dépense d’armenent, un fret qui leur permettrait d’abaisser leurs prix et d'entrer en concurrence avec l’é-

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tranger. On peut donc dire d’une manière générale que nos navires, en sortant de France, sont sur lest ou n’ont environ que le tiers de leur chargement » (1). Telle sont Jes constatations de l'administration des Douanes.

Si notre fret de sortie augmentait le nombre et les voyages de nos navires, ces mêmes navires rapporteraient en France les produits qui doivent être importés. Mais cette situation restreinte de la marine française permet au pavillon concurrent de couvrir 76 0/0 de nos transactions commerciales ; les statistiques le prouvent nettement.

En 1896, le tonnage de sortie des ports français s'élève à 5.452.884 tonnes, dont il faut déduire 1.158.000 {onnes de combustible et provisions nécessaires.

Résultat : 4.194.000 tonnes environ d’exportation.

Les importations, pendant la mème année, ont été de 14.530.000 tonnes.

M. Duprat indique la raison de cette différence considérable entre l'exportation et l'importation. Les produits français sont des produits ouvrés, qui représentent une grande valeur. Mais la marine ne considère que le poids transporté. Si latonne française vaut environ 2.200 franes, la tonne anglaise varie de 510 fr. (à Liverpool) à 209 fr 50 (à Glascow) et la tonne allemande atteint à peine 160 fr.

Le fait brutal est là. Nous n’avons presque pas de fret de sortie,

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