SCENE XI
LE MARQUIS , FLORENTIN , GER- VAIS portant deux flambeaux .
FLORENTIN, repoussant la porte. Eh bien! qu'est-ce qui est là?., qui est-ce qui retient la porte?.. Ah! c'est vous ?..
LE MARQUIS. Au diable! (Se retournant.) Rassurez-vous, je... Eh! mais où donc est-elle?..
florentin. Qui, elle?
le marquis. Eh bien! elle !.. cette femme qui était ici à l'instant, et qui est sortie... par où ?..
GERVAIS, posant un flambeau de chaque coté du théâtre, à par. Ciel!.. (Regardant la petite porte. ) Il l'a vue.
LE MARQUIS. Mais je la retrouverai !..
oui , il le faut. . . Je sens que j'ai besoin de la revoir... Je ne puis plus me passer d'elle... Je l'aime !
florentin. Dites donc , si vous n'êtes pas fou, je viens vous chercher pour vous mettre à table avec ces messieurs.
le marquis. A table!., ici!., dans un pareil moment!., quelle indignité !..
florentin. Oui, n'est-ce pas?., c'est une indignité !.. un jour comme celui-ci, boire du vin de Champagne!., et le mien encore!.. La Desœillets a prétendu que c'était une idée de Marion... C'est possible, elle en avait de si baroques !
LE MARQUIS, qui cherchait au tour de lui, reoenunt. Vous dites?..
florentin. Et M. de Gerdy s'est écrié qu'il fallait respecter la volonté de ma cousine... Il y a eu entraînement général.
lemarquis, a part. Mlle Desœillets. ..
M. de Gerdy... ils doivent savoir...
(Il remonte.)
M\HIO.\ CÀRMKLITt.
FLORENTIN, le suivant. El si vous voulez boire à la santé do la défunte.
LE MARQUIS. Imbécile!
(Il sorl vivement.)
florentin. Hein?.. Qu'est ce qu'il a dit?..
GERVAIS. lia dit iinbé...
florentin. Je l'ai bien entendu... taistoi .. c'est très-joli on me traite de...
{•nontrant Gavais) ce qu'il allait dire, et ils
boivent le vin de la succession ! sous
prétexte qu'ils pleurent ma cousine!
GERVAIS. Mais vous vous êtes misa table avec les autres...
florentin. Certainement, et j'ai mangé malgré ma douleur, j'ai mangé beaucoup pour ne pas tout perdre !.. c'est toujours ça de sauvé... ivrogne!..
GErvais. Dam! mamzelle Marion avait ordonné par son testament...
florentin. Il n'y a pas de testament... il ne peut pas y avoir de testament !..
GERt vis. Si vous cherchiez bien...
FLORENTIN. Oui, dans sa chambre, par exemple !.. je ne veux pas y aller !.. Hier au s<>ii\ j'y cherchais quelque chose, dans un tiroir... et, tout-à-coup. .. Voilà que derrière moi , je crois entendre... Ah ! ça m'a fait un effet... j'en ai eu froid à la plante des pieds!., et en m'approchant d'une glace de Venise... comme celle-ci... ( Apercevant le papier que Mariun y a mis.) Qu'est-ce que c'est que ça ?.. ce papier?..
(Il le prend)
GErvais. Dam ! je ne sais pas... peutêtre le testament.
florentin, l'ouvrant. Le?., grosse bête!., qui est-ce qui l'aurait... {Le refermant vivement.) Ciel !
GErvais. Hein ?.. c'est ça ?
florentin. Non!., non!.. Allez-vousen...
GERVAIS. Mais...
florentin. Hein ?
Gervais. Tout de suite.
(Il sort.)