‹ Marion de Lorme. Le roi s'amuse. Lucrèce BorgiaChapitre 121 sur 305 · ACTE V. — La Prison · texte numérisé non relu

ACTE V. — La Prison

Didier. Le m".

Les mêmes, Marie.

Les mêmes, le greffier.

Marie.

Marie , la litière.

Marie.

Marie , la litière.

Mais je crois qu’une voix appelle. Ecoutez.

— Non, c’est l’heure qui sonne. — Oui, l’heure, — à la chapelle.

— C’est toujours une voix, frère, qui nous appelle.

Marion . Ah ! votre âme est profonde , et pleine de ténèbres !

La vie , ami , n’est rien , et la mort sourit encore.

Quoi, pas même un baiser? non.

C’est une bonne fille.

C’est Marion de Lorme. — Ah! malédiction! Laissez-moi.

Vous avez fait trois fautes d’orthographe.

Regardez, voilà l’homme rouge qui passe!

Qu’est-ce que cette femme ?

(Coups de marteau.)

Didier s’interrompant.

C’est

Notre échafaud qu’on dresse ou nos cercueils qu’on cloue.

La mort

N’est que la mort — Non pas quand elle est la potence? Quand la mort est la mort et n’est pas la potence.

Ma foi, il était temps.

11 me venait déjà des taches de rousseur.

(L’arrêt de mort.)

Je disais donc. . .

Vous avez là, monsieur, une bien belle robe. Est-ce ici qu’on l’a faite?

Monsieur, rangez-vous donc. Cet enfant ne voit pas. Mon bon ami, lequel de vous deux fait voir l’autre?

Çà, votre seigneurie

Ne mange point. — Hélas, elle est mangée.

Comme ces hirondelles Volent bas! Il pleuvra.

Marion. Laffcmas.

Les ouvriers.

Didier. Saverny.

Didier. Saverny. Un conseiller.

Didier. Saverny.

Id. Marion. Laffemas.

Didier. Saverny. Marion.

Didier. Saverny. Marion. Greffier. Le peuple.

Marion. Le peuple.

Marion. La litière. Le peuple.

Marion. Le peuple.

Marion. La litière. Le peuple.

Au verso du dernier feuillet, le croquis ci-joint :

Puis l’addition des vers :

JM

Mifû

Plus bas ce nom :

En 1828, Victor Hugo était installé rue Notre-Dame-des-Champs. La maison était petite mais ombragée par de grands arbres , véritable retraite d’un philosophe ou d’un poète, lieu paisible et propice à la méditation; en ce temps-là, à quelques minutes , on trouvait la campagne ou plutôt la plaine de Montrouge, et on s’y rendait par le boulevard Montparnasse encombré de guinguettes, de boutiques en plein vent et de baraques de saltimbanques. Le poète se promenait , le plus souvent seul , pour travailler et aussi pour observer, se mêlant à la foule qui écoutait les boniments des charlatans ou regardait les exercices des acrobates. Il dînait de bonne heure, puis il sortait, accompagné alors de quelques amis, et allait dans la plaine admirer les soleils couchants.

On rentrait au crépuscule et on retrouvait dans la petite maison les habitués, les fidèles, notamment le peintre Louis Boulanger, Sainte-Beuve, Emile et Antoni Deschamps, souvent Alfred de Musset, d’autres encore. Victor Hugo lisait des vers des Orientales.

Depuis la retentissante préface de Cromwell, publiée en octobre 1827, une sorte de. fièvre s’était emparée de cette jeunesse. Il lui fallait un champ de bataille sur lequel elle pût lutter pour défendre les idées nouvelles, et il n’y en avait pas de plus sonore que le théâtre. Certes Cromwell était un très beau drame, mais il excédait les limites de la scène;

et les amis se demandaient si leur chef, maîtrisant sa puissance et refrénant sa fécondité d’inspiration, parviendrait à enfermer dans le cadre un peu étroit du théâtre les cinq actes d’un drame.

C’était là une prison où la pensée se trouvait trop à l’étroit ; avec son large souffle, sa richesse d’imagination, son lyrisme débordant, il secouerait bien vite tous ces liens qu’on appelle des scènes, toutes ces chaînes qu’on appelle des actes. Voyez Cromwell , le sujet a fait éclater le cadre; non, il ne pourra pas se plier aux exigences, à la tyrannie du théâtre, qui ne laisse pas un champ assez vaste à l’inspiration. Et cependant c’est là que doit se livrer la véritable bataille.

Et , par un revirement curieux , ceux-là même qui avaient douté tout d’abord que le génie du maître pût se soumettre à certaines règles, ne voulurent pas admettre que rien ne lui fût impossible tant était grande leur admiration ; l’aigle avait d’assez larges ailes pour qu’on pût les lui couper un peu sans le contrarier dans son vol et sans le gêner pour gagner les hauteurs. Et alors, emplis de cette robuste confiance, ils interrogeaient Victor Hugo, ils le pressaient pour obtenir ses confidences. Mais le poète gardait son secret, il ne révélait pas d’ailleurs volontiers ses projets, même pour les œuvres terminées; il en parlait seulement lorsqu’il était sur le point de les publier; à plus forte raison, pour les

drames qu’il préparait, il n’eût pas voulu à l’avance les déflorer.

Il avait deux sujets de pièces : Marion de Lorme, qu’il avait appelé tout d’abord Un duel sous Richelieu, et Hernani.

Il les construisait entièrement dans son cerveau avant de les écrire, mais non sans avoir auparavant consulté de nombreux documents. Ainsi, il avait, sur un feuillet, pris des notes sur la vie de Richelieu, et sur Laffemas nous trouvons cette phrase :

L’intendant de Champagne Laffemas, surnommé bourreau du cardinal.

Il avait même consulté les livres du jurisconsulte Despeisses, car il écrit sur une feuille :

Despeisses définissait Laffemas : Vir bonus, flrangttlandi peritus.

Et plus bas :

Laffemas disait de son fils l’abbé : C’eff un de'bauche'j et son fils l’abbé disait de lui : C’.fl un vieux bourreau.

11 poussait ses investigations très loin ainsi qu’il résulte de cette note :

Voir sur L’Angely le Menagiana de La Monnoye, t. I, p. 18, édition de 1715 (1).

Evidemment les propos de Ménage étaient sujets à caution. Molière l’avait représenté sous les traits de Vadius. Mais Victor Hugo avait le goût et la curiosité de fouiller tous les vieux livres.

Nous avons retrouvé encore cette note sur Louis XIII :

Le petit dauphin, fils de Henri IV, prit un jour tant d’aversion pour un gentilhomme que pour contenter le jeune prince il fallut faire semblant de tuer le gentilhomme avec un pistolet sans balle. Le roi le sut. Indigné, le bon Henri donna lui-même le fouet à so t

(l) Le Menagiana, ou récit des conversations qui se tenaient chez Ménage, publié par ses amis en 1693 et augmenté par La Monnoye en 1715.

fils. Sous cette rude main de père et de roi, le dauphin pleure, la reine s’exclame. — Madame, dit celui qui devait mourir du poignard de Ravaillac à celle qui devait mourir de l’exil de Cologne , pri-\ Dieu que je vive , car il vous maltraitera , si je n’y suis plus.

Un autre jour le même enfant s’amusa a écraser la tête à un moineau vivant. Pour la seconde fois, le roi le fouetta. L’enfant de crier, la mère d’accourir, l’injure d’éclater. — Sire, vous ne traiteriez pas ainsi vos bâtards. — Mes bâtards, répondit le roi, il pourra les jouetter, mais lui , il n’aura personne qui le fouette. Henri IV ne prévoyait pas Richelieu.

Du reste, il y avait dans cet enfant encore plus d’impuissance que de méchanceté. L’homme a avorté. Il n’a même pas eu la force de produire le tyran qu’il faisait présager. Il avait promis Tibère, il n’a tenu que Louis XIII.

Victor Hugo ne puisait pas seulement des renseignements dans les livres; rien ne lui échappait dans ses courses à travers Paris. Il avait ainsi trouvé un acte tout en errant sur le boulevard Montparnasse. Une baraque de saltimbanques, placée juste en face du cimetière, l’avait attiré :

Cette antithèse de la parade et de l’enterrement le confirmaient dans son idée d’un théâtre où les extrêmes se toucheraient, et ce fut là que lui vint à l’esprit le troisième acte de Marion de Lorme où le deuil du marquis de Nangis contraste avec les grimaces du Gracieux (!b

On était au mois de juin 1829; Victor Hugo écrivit Marion de Lorme en vingt-trois jours , du 2 au 26 juin en prenant un jour de répit entre le premier et le deuxième acte.

Le bruit se répandit assez rapidement que le drame était terminé. Grand événement. La curiosité était vivement excitée. C’était en somme la première pièce susceptible d’être jouée; on ne

(1) Ch. xlvi , Cromwf.ll. Vidor Hugo raconté par un Témoin de sa vie.

pouvait compter, en effet, l’essai A' A.my Robsart , que Victor Hugo songeait même à brûler, et qu’il aurait brûlé peut-être si son beau-frère Paul Foucher ne lui avait demandé avec insistance de disposer de la pièce; de guerre lasse, Victor Hugo lui avait dit : « Fais-en ce que tu voudras » ; et Paul Foucher en avait fait surtout sa pièce.

Le poète avait tenu avant tout à ce que son premier drame fût bien de lui et ne fût pas emprunté à un autre , fût-ce à Walter Scott. C’était donc bien son œuvre personnelle qu’il allait présenter au jugement du public. Aussi on se prépara à livrer bataille au nom des doctrines de la nouvelle école; l’ardeur des croisés se réveilla, tous les espoirs des réformateurs se ranimèrent.

Il ne suffisait pas de lutter, il fallait vaincre; l’armée des classiques était puissante; elle devait se croire d’autant plus forte qu’elle supposait Victor Hugo encore mal entraîné pour la lutte.

Si grande que fût la confiance de la jeunesse dans son chef, elle aurait bien voulu connaître le drame avant la présentation au public. Victor Hugo avait l’habitude de lire ses vers seulement à quelques intimes. Elargirait- on pour cette fois le cercle des auditeurs? On conféra, on délibéra, et finalement on décida que l’œuvre devait subir une épreuve devant un public d’élite, mais aussi restreint que possible.

Dès qu’on apprit la nouvelle, ce fut une chasse aux invitations. Tout le monde voulait être de la fête. Mais la maison était très petite; même en ouvrant toutes les pièces du rez-de-chaussée , il n’y avait accès que pour un nombre très limité de privilégiés.

La lecture fut fixée au jeudi 9 juillet, à neuf heures du soir. On vit entrer rue Notrc-Dame-dcs-Champs Alexandre Dumas, Sainte-Beuve, Balzac, Alfred de Musset, Eugène Delacroix, Alfred de Vigny, Louis Boulanger, Alexandre Sou-

met, Mérimée, Villemain , Taylor, les Deschamps, les Devéria, les Bcrtin, quelques autres encore. Tous ces hommes, même les plus jeunes, étaient déjà célèbres, tous étaient sans doute des amis, mais aussi des juges expérimentés, très déterminés à donner une opinion sincère par l’excellente raison qu’ayant assisté à la lecture ils assumaient les risques et les responsabilités de la bataille et défendaient une cause qui était la leur. Ils arrivaient d’ailleurs — au moins un certain nombre d’entre eux — avec l’émotion d’auditeurs mal informés , témoins d’une première épreuve , ignorant encore si Victor Hugo, chef d’école, était véritablement un auteur dramatique.

Le poète lut son drame intitulé : Un duel sous Richelieu. Le succès fut éclatant et alla en grandissant d’acte en acte.

Ce fut de la joie, du délire. Avec cette première pièce on remporterait la première victoire qui serait suivie de beaucoup d’autres; Victor Hugo venait de donner la preuve irréfutable de sa science scénique; il avait rassuré du même coup les sceptiques et converti les incrédules.

On entoura l’auteur, on le félicita, on lui pressa les mains; on ne songea même pas sur le moment à faire une réserve ou à exprimer une critique. On était enthousiasmé, transporté.

Un des auditeurs , Alexandre Soumet , encore sous le charme de cette lecture, avait tenu à écrire à Victor Hugo le lendemain :

Vendredi.

Mille compliments et admirations, cher et illustre ami, sur votre succès d’hier. Votre pièce est étincelante de beautés de premier ordre; quelques coupures au cinquième acte et nous aurons cinquante représentations héroïques. . .

Cinquante représentations héroïques à cette époque, c’était le triomphe!

Taylor, qui dirigeait le Théâtre-Français, n’avait pas perdu une minute. Le

lendemain matin , à neuf heures , il était rue Notre-Dame-des-Champs :

— Vous me donnez votre drame pour le Théâtre-Français. C’est entendu.

Nous avons une Marion toute désignée, c’est M"° Mars. J’ai votre promesse?

— Soit, répondit Victor Hugo.

Le poète recevait quelques heures après une lettre de Jouslin de Lassalle avec une demande pressante :

— Vous me donnez votre drame pour la Porte-Saint-Martin. Je vous offre Frédérick Lemaître pour Didier et M,,,e Dorval pour Marion.

Harel , qui croyait arriver bon premier, se présentait le surlendemain :

— Il me faut le Duel sous Richelieu pour l’Odéon. Et comme je suis le premier. . .

— Vous êtes le troisième, interrompit Victor Hugo, et je suis engagé avec le Théâtre-Français.

Stupéfaction d’Harel résolu à ne pas lâcher prise :

— Le Théâtre-Français! mais c’est impossible; l’Odéon , à la bonne heure.

Songez-y donc. Votre place est à l’Odéon. C’est la jeunesse des écoles, c’est la bataille pour les idées nouvelles, c’est l’enthousiasme, c’est le triomphe, et je vous donne M“° George.

— Je lis demain au Théâtre-Français.

— Vous lisez! on vous fait lire! quelle inconvenance! avec moi vous ne lirez pas, votre drame est reçu les yeux fermés, sans formalités, d’emblée; et tenez. . .

Il avait saisi le manuscrit et écrit sous le titre :

Reçu au théâtre de l’Odéon le 14 juillet

Harel.

Il avait mis le manuscrit sous son bras tout en serrant la main de Victor Hugo , et il partait au plus vite. Victor Hugo dut courir après lui pour lui arracher sa pièce.

Taylor restait maître du champ de bataille des directeurs.

La lecture eut lieu comme simple formalité, le drame produisit un grand effet. Mais le choix du Théâtre-Français , sous la dépendance du ministère , était-il bien heureux pour entamer la lutte?

Il y avait une censure ombrageuse et sévère à cette époque. Taylor la connaissait pour l’avoir pratiquée et il avertissait d’abord le poète que le rôle de Louis XIII pourrait bien provoquer certaines résistances : «Atténuez, modifiez quelques passages. » Finalement, il lui demandait quelques suppressions.

Le premier mouvement de Victor Hugo fut un refus très net, puis il réfléchit : son grand désir était d’être joué. Peut-être n’avait-il pas le droit d’être intransigeant? la poésie ne l’avait guère jusqu’à présent enrichi, le théâtre était une source sérieuse de bénéfices. Il devait songer aux siens. Mais pourquoi prévoir à l’avance les objections? Et son second mouvement fut pour la temporisation :

attendons, laissons venir, nous verrons bien.

II était dans la situation d’un homme sur la défensive. Son incertitude ne fut pas de longue durée.

La censure se montra très rigoureuse.

M. Brifaut vint faire connaître à l’auteur l’ultimatum du ministre. Aussitôt Victor Hugo écrivit, le 2 août 1829, à M- de Martignac :

Monsieur Brifaut me fait part, comme vous lui en avez donné commission, de ce que Votre Excellence lui a dit hier matin touchant ma pièce... J’ose croire que d’autres conseils prévaudront dans votre esprit si éclairé et d’ordinaire si bienveillant pour les lettres, et que vous ne prendrez pas une décision si contraire à mes intérêts, et souffrez, Monseigneur, que j’ajoute, aux vôtres llb

Ce dernier mot était hardi pour un jeune auteur de vingt-sept ans. Les craintes de Taylor étaient à l’avance

III Correspondance.

justifiées, car cette «décision» qu’on pouvait prévoir devait être l’interdiction de la pièce. La censure affectait cependant d’y mettre quelques formes; elle réclamait tout d’abord des modifications et de larges suppressions. C’était un moyen hypocrite et détourné d’atteindre le but qu’elle s’était proposé.

Le quatrième acte : Le Roi, avait surtout provoqué ses révoltes. Elle voulait à tout prix y voir une allusion a Charles X, et elle demandait ici le sacrifice de soixante-seize vers, là une coupure de cinquante-six vers; elle mutilait , défigurait , détruisait presque complètement la scène entre le roi et le bouffon. Elle avait si bien mis l’acte en miettes que Victor Hugo, pensait-elle, ne pourrait assurément pas en réunir les parcelles épargnées. Elle l’espérait du moins , et elle aurait pu dire ensuite que , l’auteur ne s’étant prêté à aucune concession, elle se voyait, à son grand regret, obligée de prononcer l’interdiction.

Le poète avait flairé le piège. Certes, quand il connut l’arrêt de ses juges, il eut un mouvement de colère, mais tout aussitôt l’habileté de la résignation, et la preuve c’est que, sur la copie du manuscrit qu’on venait de lui rendre, il accompagna d’un trait perpendiculaire tous les passages signalés comme dangereux et y joignit cette indication pour le copiste :

N. B. — Ne pas copier tout ce qui efi accompagné d’un trait perpendiculaire.

Et il se condamna à enchaîner les scènes en élaguant les passages condamnés; il fit recopier la version mutilée et l’envoya à la censure. L’esprit de conciliation était poussé jusqu’à ses dernieres limites. 11 semblait que la censure, prise dans scs propres filets, dût se trouver dans un cruel embarras. Elle ne pouvait pas rejeter les torts sur Victor Hugo puisqu’elle avait obtenu gain de cause, et elle n’était pas satisfaite puisqu’elle

avait manqué son but. Heureusement pour elle, elle n’avait pas beaucoup de scrupules Elle déclara que cet acte, même tronqué suivant ses désirs, restait dangereux; elle interdit Marion de Lorme.

Victor Hugo se décida à s’adresser directement au ministre; il se trouva en face d’un personnage froid et sec qui, pour flagorner le pouvoir, avait imaginé qu’on verrait Charles X dans Louis XIII.

Le poète se récria. M. de Martignac eut la condescendance de croire à la parole de l’auteur, à sa sincérité, à sa volonté de n’avoir pas cherché à mettre dans son drame des allusions politiques. Mais les allusions qu’il n’y avait pas mises, le public les verrait. Cela suffisait.

Le ministre fut inexorable. Cette attitude cassante détermina Victor Hugo à demander audience à Charles X. Le lendemain matin , un mot du duc d’Aumont l’avertissait qu’il serait reçu le jour même en audience par le roi , à Saint- Cloud. C’était le 7 août.

Le poète a raconté cette entrevue dans les Rajions et les Ombres (l) .

On suppose bien qu’il avait pris pour confidents quelques-uns de ses fidèles et surtout Sainte-Beuve, un des disciples les plus ardents de l’école nouvelle. Le critique, toujours disposé, comme il le dit lui-même dans ses notes, à prêter sa plume à ses amis en se mettant en leur lieu et place, voulait écrire un article; mais il tenait de Victor Hugo le récit de sa conversation avec le roi , et il risquait, en le signant , de dévoiler du meme coup la source de ses renseignements. Alors il publia, sous le nom de L. Véron, un article d .ns la Revue de Paris [2) en usant de toutes sortes de ménagements, de circonlocutions, en employant la forme conditionnelle et il donna cette relation

(11 Le 7 août 1829.

(îl Cet article figure dans les Premiers lundis, au tome III.

très authentique qui a la valeur d’un document historique :

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