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Des Seigneurs du lever du Roi. — Des Ouvriers. — Des Comédiens de province. — Gardes, Peuple, Gentilshommes, Pages.
REVUE DE LA CRITIQUE
Marion de Lorme , comme Hertiani , avait suscité des colères et des enthousiasmes; il y eut bataille dans la salle , mais malgré la diversité de l’accueil fait aux différents actes , le drame obtint un succès éclatant , et la critique de 1831 , en dépit de quelques réserves, dut s’incliner devant la beauté des vers et louer unanimement les situations tragiques des quatrième et cinquième actes. On verra par les extraits de journaux de toutes les opinions que, malgré certaines hostilités, la victoire resta au poète.
Le Journal des De'bats.
Jules Janin.
Il y a de tout dans ces cinq actes! du rire, des larmes, de la pitié, de la terreur et surtout de l’étonnement à l’aspect d’une conception si hardie. Le seul défaut de cette composition est dans sa variété même. Ce drame est tour à tour ode, dithyrambe, comédie, tragédie, préface; plus d’une fois vous oubliez que ceci est une action dramatique. C’est la grande lutte d’un grand esprit contre toutes les opinions dramatiques de son pays, lutte intéressante et belle sans contredit.. .
... La toile se lève, et pendant cinq heures vous assistez moins à un drame qu’à une joute; le lutteur est jeune, beau, fort, passionné; il arrive; il gronde, il grogne, il rêve, il dort, il éclate, il rit, il s’emporte; tour à tour héros, bouffon, amoureux, philosophe, politique, dissertateur sans fin, comédien haut et bas, au palais du roi et en mauvais lieu, jouant également avec le bourreau et le cardinal, deux hommes rouges ; faisant de l’amour avec la courtisane, moqueur, sceptique, méchant, puis versant de douces larmes, puis amoureux jusqu’aux morsures, peuple et gentilhomme, d’une niaiserie d’enfant, d’une profondeur de cardinal-ministre; ainsi est fait ce rude jouteur.
Le peuple est là qui assiste à ses efforts; on l’écoute, on le suit du regard, on le suit de Pâme, on l’admire, on le blâme, on le hait, on le trouve grotesque, et bouffon et sublime, tout ce qu’il est; lui, toujours libre et fier, marche toujours à son but par monts et par vaux, s’arrêtant pour reprendre haleine, faisant le beau ou grimaçant à plaisir, jusqu’à ce qu’enfin envie lui vienne de toucher le but et alors il y est d’un bond.
... Singulier privilège de cet homme qui, à force de mépriser son parterre, à force de violences faites au langage reçu, aux règles consacrées, aux convenances les mieux discutées, à force de grotesque et de bizarre arrive à des succès d’enthousiasme à une époque où l’enthousiasme est mort; homme puissant qui s’est trompé de siècle, qui s’est fait poète dramatique quand il n’y avait plus ni poésie ni drame, hardi novateur qui, avant d’achever le but qu’il se propose, a tout à faire ; son théâtre, ses acteurs, son public et jusqu’à la critique appelée à le juger.
La Revue des Deux-Mondes .
Marion de Lorme longtemps promise fut longtemps attendue. Deux questions s’étaient attachées à elle, question politique, question littéraire.
Tout le monde connaît la première, passons vite sur elle : cependant répétons, car les choses d’honneur et de conscience ne peuvent être trop longtemps répétées, que Victor Hugo aima mieux faire Hemani en dix-neuf jours que d’accepter une pension de 4,000 francs que lui offrait comme indemnité M. de la Bourdonnaye, et il eut raison. Hernani réussit, l’homme de lettres garda son indépendance; le gouvernement proscripteur tomba, l’oeuvre de génie survécut jeune et chaude d’intérêt, fut jouée et réussit.
. . . Lorsque M. Hugo composa Marion de Lorme, la censure interdisait formellement sur le théâtre l’entrée de tout personnage à
robe rouge ou noire. Richelieu resta donc, pour ainsi dire, derrière la toile de fond et de là fit mouvoir, inaperçu, le vaste drame qui commence dans un boudoir et finit sur un échafaud.
Un homme médiocre, lors de l’abolition de la censure, aurait cru tirer meilleur parti de Richelieu vu que de Richelieu deviné, et vite il se serait empressé de tirer par les pieds ou les cheveux le cardinal sur la scène. M. Hugo a compris que là n’était pas le véritable effet, que mieux vaut parler à l’imagination qu’aux yeux, à l’intelligence qu’à la matière, et l’œuvre qui ne pouvait que perdre à être retouchée est restée ce qu’elle était. Seulement, poussant la délicatesse à l’excès peut-être, l’auteur a voulu attendre l’assoupissement des haines, et s’est imposé la plus dure condition que puisse s’imposer un auteur, celle de retarder d’un an un succès que tous ses amis lui présentaient comme grand, sûr et beau. C’est que M. Hugo est de cette rare classé d’hommes qui ont le respect des choses passées à un plus haut degré que le respect des choses qui existent.
. Succès immense, succès mérité en dépit de ceux qui prétendent que le drame n’est plus possible et devant lesquels il ne suffit pas de marcher pour prouver le mouvement.
La Repue de Paris.
Avec cette puissance d’intelligence et cette vigueur de compréhension qu’on lui connaît, M. Victor Hugo a saisi tout ce que ce nom de femme perdue renfermait de sens et de profondeur. Il a vu derrière elle la fronde ricaneuse, les seigneurs faisant la débauche pour agir encore, et les dernières angoisses de la féodalité agonisante se révélant encore par le désordre et la débauche faute de mieux. Il a vu non la courtisane, mais l’emblème de toute une société.
... Le poète a vu tout cela dans le boudoir de Marion, puis il s’est demandé comment jeter au milieu de cette scène la naïveté de la poésie et l’accent lyrique de la passion. Il a voulu que la courtisane fût aimée par un honnête jeune homme qui ignore l’état de Marion et ne sait rien de sa vie...
Là est tout le ressort tragique du drame, c’est de cette source d’émotions qu’il jaillit.
Cette combinaison est pathétique, hardie et belle.
. . . On voit d’après quelles données le drame a été conçu. C’est une tragédie de passion à laquelle l’histoire se mêle pour la dominer, un roman de vie privée dont les faits publics de nos annales constituent le véritable fond, un nom de femme déshonorée qui sert de prétexte à un commentaire héroïque.
... La critique peut s’exercer sur les taches de cette œuvre, elle peut surtout s’attaquer au personnage de Louis XIII , fortement tracé , mais dont la niaiserie est peut-être trop en relief. Pour nous, encourageons, soutenons dans sa route laborieuse et éclatante l’un des hommes de ce temps qui ont remué le plus d’idées, éveillé le plus d’enthousiasmes et de colères (deux hommages pour le talent) et secoué le plus violemment la paresseuse indifférence de notre siècle.
L 'Avenir, le journal de Charles de Montalembert , après avoir donné un portrait de Marion, créature d’impureté, ajoute :
Nous n’avons pas le courage de reprocher à M. Hugo de ne pas nous avoir offert cette Marion-là. Au contraire, nous serions tentés de le remercier d’avoir épargné à nos regards, dans ce qu’il avait de dégoûtant, le tableau de cette noblesse que l’astre naissant du despotisme absorbait dans son orbite et qui courait à sa ruine à travers la débauche et la flatterie. Il appartenait au poète qui nous avait révélé dans Dona Sol le secret de cet amour castillan, inséparable de l’honneur, qui fait le charme des héroïnes de Calderon, il appartenait au romancier qui, avec de la fange, avait fait cette créature si belle, si pure, si aérienne, l’Esmeralda, de purifier, en la touchant, cette autre boue que l’histoire appelle Marion de Lorme.
Le critique anonyme s’exprime ainsi sur le troisième acte :
Cet acte est admirablement rempli, peutêtre un peu trop largement développé et trop fortement contrasté.
...Nous voudrions aussi dire ce miracle de la langue française, si variée, si inépuisable, cette richesse d’expression que l’auteur
REVUE DE LA CRITIQUE
pousse jusqu’à la prodigalité, cette puissance merveilleuse du style, et à côté, relever cette redondance et cet élan quelquefois trop sublime qui trahissent le poète pindarique.
Le National.
Le critique juge ainsi le quatrième acte :
Cet acte est sans contredit le meilleur de l’ouvrage. Il y a de belles choses dans l’esquisse du caractère de Louis XIII, dans la peinture des souffrances et des faiblesses de ce roi timide et malade qui sent peser sur lui la lourde main du cardinal et n’ose point la repousser de son sceptre royal.
... Il y a dans cet acte un luxe d’hémistiches sur les têtes coupées qui passe toute imagination. Nangis adresse au roi une tirade de cinquante vers sur les sanglantes exécutions de Richelieu, et de deux vers en deux vers une tête tombe avec la
La Galette de France.
Le succès de Marion de Lorme a été complet. Quelque opposition s’est manifestée vers la fin; mais le nom de l’auteur a été proclamé au milieu des plus nombreux et des plus vifs applaudissements.
Gustave Planchepublieun article dans la Revue des Deux-Mondes du 15 février 1832, six mois environ après la première représentation de Marion de Lorme.
Il jugeait avec sa maussaderie habituelle le théâtre de Victor Hugo.
Revue des Deux-Mondes.
. . . Depuis Cromwell , Hernani et Marion ont donné la mesure dramatique de M. Hugo.
On peut pressentir dès à présent la carrière qui lui reste à parcourir, et qui promet d’être féconde et glorieuse. Il choisira dans l’histoire des époques solennelles, des caractères ennemis; il empruntera au passé quelques éléments de réalité, mais il ne s’en tiendra pas à la lettre des traditions. Il prendra d’un
roi plutôt son nom qu’un symbole pour sa pensée, que sa vie et les faits dont elle se compose. C’est ce qui explique pourquoi Charles-Quint, Louis XIII et Richelieu sont devenus sous sa plume si infidèles au souvenir qui nous en reste.
L’histoire, pour Victor Hugo, n’est que l’horizon de la plaine où se joue sa fantaisie, le cadre de la toile où il trace ses figures.
Mais pour le drame qu’il veut faire, qui tient de l’ode et de l’épopée, l’érudition historique ne servirait de rien. Il se préoccupe de la pompe du spectacle, de la richesse des images, du dévouement chevaleresque, de l’amour ardent et naïf, plus volontiers et plus facilement que de l’analyse d’un caractère et du mécanisme des passions.
Toutefois, s’il ne se condamnepasà l’étude attentive et pratique de la société, il subira fatalement dans ses conceptions les conséquences d’une méditation solitaire; il inventera des fables monotones. Le jour n’est pas loin peut-être où il sentira la réalité de ce conseil.
Lors de la reprise du drame en 1873, quarante-deux années s’étaient écoulées ; plus de bataille dans la salle, plus d’hostilités systématiques; le public ne subissait plus l’influence des coteries, il se livrait tout entier à sa joie d’applaudir de beaux vers et de nobles sentiments, et son impression, toute favorable à l’œuvre, trouvait son écho dans la presse qui admirait sans discuter.
Théodore de Banville parle tout d’abord longuement, dans le National , de la mise en scène, et s’excuse d’insister sur les progrès accomplis; mais les décors étaient tout récemment encore si misérables qu’il loue Emile Perrin d’avoir appliqué, pour la première fois, les magnificences d’une mise en scène à un chef-d’œuvre de la poésie dramatique.
Après avoir analysé les différents actes, il ajoute :
... Enfin c’est le cinquième acte, où se déroulent les plus belles scènes de douleur, d’amour, de folie, de furie, de désespoir, de colère et de divin pardon qui aient tenu ja-
mais dans un drame humain, et qui éternellement laissera dans nos âmes le souvenir de Marion, brisée, échevelée, pleurant aux pieds de Didier et de Didier d’abord haineux, implacable, féroce comme l’amour, puis enfin , lorsque a sonné l’heure de la mort qui déchire les voiles et fait prévoir la vérité de tout, relevant dans ses bras, pressant sur son cœur et baisant ardemment sur son front adoré et charmant celle qui a été ici-bas toute sa pensée et toute sa vie.
... Comme le Rot s’amuse et comme Rnj B/as, Marion de Lorme est une oeuvre double , c’est-à-dire qu’elle contient un drame abstrait et philosophique, auquel un tableau historique sert de cadre.
Le génie ayant toujours raison, je n’ai pas à examiner si Victor Hugo a bien ou mal fait de fondre et d’amalgamer ensemble les deux grandes formes shakespeariennes.
Ayant tout à créer à la fois, un théâtre nouveau et une langue poétique nouvelle rajeunie aux sources de l’épopée, de l’ode, de l’élégie, de la satire, puisque du passé récent et immédiat il ne restait plus rien, le titan de la poésie moderne dut mettre les bouchées doubles et entasser à la fois dans ses œuvres la création plastique, la pensée, le combat, la fantaisie et mille autres choses encore, car il était alors dans la situation d’un général d’armée qui, affamé et sans vivres, voit face à face plusieurs corps d’armée ennemis et qui doit sans trêve, sans repos et sans lassitude, improviser tout, même la vie et même la victoire.
Le Temps.
Francisque Sarcey.
Viens, pauvre femme. . .
Y a-t-il des critiques qu’une aussi merveilleuse poésie n’emporte? Toute la salle écoutait, haletante, ces vers si touchants et si harmonieux; on ne pleurait point, car l’émotion que l’on sent à écouter ces morceaux magnifiques se mêle à je ne sais quelle admiration qui desserre le cœur et l’élargit.
... Il y a un caractère épisodique qui est, d’un bout à l’autre, soutenu d’une façon charmante, pleine de désinvolture, de crânerie et de gaieté insouciante, celui du marquis de Savcrny. Voilà plus qu’il n’en faut pour justifier toutes les admirations.
Le Rappel.
Auguste Vacquerie.
Il y a ceux qui devant une femme tombée piétinent dans la boue pour l’en éclabousser et, si elle tente de sortir du ruisseau, l’y renfoncent du talon de leur botte vernie. Victor Hugo, lui, se penche sur la pauvre créature à terre et la relève.
... Ce que Didier fait de Marion, Alceste avait essayé de le faire de Célimène. Ici la guérison semblait plus facile, Célimène n’étant pas tout à fait une courtisane, et cependant Alceste avait eu beau dire qu’il la «purgeait des vices du temps », il avait eu beau lui donner l’exemple de sa probité implacable, la conseiller, la supplier, la menacer, l’adorer, la maudire, détester tous les hommes pour l’aimer davantage et n’aimant qu’elle, l’aimer de tout son amour et de toute sa haine; il avait eu beau, lui aussi, pardonner, et, quand tous quittaient et insultaient Célimène démasquée, lui offrir ce que Marion appelle «le ciel», elle avait refusé de l’y suivre. Célimène était restée Célimène.
C’est que, depuis Molière, il s’est passé une chose; la Révolution est venue.
...On n’est plus en prison dans le vice et au bagne dans le crime. On peut en sortir. C’est pourquoi Victor Hugo sauve celle dont Molière désespérait.
Marion de Lorme , c’est le Misanthrope — après la Révolution.
... Une des grandeurs du drame que la Comédie-Française a repris hier avec un éclat et un succès incomparables est d’avoir le premier, en plein théâtre et en plein chef-d’œuvre, prononcé la plus grande des paroles modernes: — 11 n’y a plus d’enfer.
Le Figaro.
Auguste Vitu.
M. Victor Hugo a raison d’écrire qu’il a derrière lui sa vie. C’est en contemplant son passé glorieux, c’est en fixant leurs regards attentifs sur le poème de sa jeunesse que les contemporains peuvent le comprendre, le juger et l’admirer.
... Marion de Lorme est écrit de génie; et si l’auteur dramatique se dérobe parfois, c’est toujours sous le manteau de pourpre du plus grand des poètes.
REVUE DE LA CRITIQUE
Le Moniteur universel.
Paul de Saint-Victor.
Marion de Lor/ue est le premier en date des drames du poète, et c’est est aussi le plus jeune. S’il n’a pas la fermeté magistrale, la certitude d’execution souveraine qui marquèrent bientôt toutes ses œuvres, il a le charme de la jeunesse, son enthousiasme ardent et tendre, une candeur grave, une foi profonde, la fleur du génie. On y sent la verdeur du « printemps sacré» littéraire qui régnait alors; un souffle lyrique y circule; les larmes y coulent comme de source vive. Dès que l’action lui ouvre une issue, la poésie pure bat des ailes et prend son essor. Marion de Lorme n’est pas le plus grand, mais il est peut-être le plus touchant de tous les drames de Victor Hugo.
L’éminent écrivain analyse longuement le drame : il passe en revue toutes les crises du cœur de Marion : c’est son trouble d’abord lorsque Didier lui apparaît comme un bâtard et un inconnu, c’est son dévouement lors de l’arrestation après le duel, c’est sa tendresse à l’heure du péril, c’est la sainte folie de l’amour lorsque l’exécution est menaçante, ce sont ses tortures lorsqu’elle devra sacrifier sa pureté reconquise pour sauver celui qu’elle aime, c’est enfin sa résignation à la haine de Didier pourvu qu’il fuie. Et il ajoute :
A ce comble de l’humiliation, la courtisane se redresse, purifiée, presque glorifiée. Sa rédemption est complète. En touchant le fond, elle a atteint le sommet. Lorsque Didier la relève, enfin, et qu’il lui demande pardon à genoux, et qu’il répand, en vers sublimes, la pitié et l’absolution sur sa tête, le cœur est soulagé d’un poids étouffant. S’il n’avait point pardonné, c’est avec les pierres dont les Pharisiens lapident la femme de l’Évangile qu’il aurait fallu combler son tombeau.
Marion ne se trompait pas, au premier acte : il y a du huguenot dans Didier. 11 y a aussi du plébéien révolté et sombre, tel qu’on aimait à le peindre en 1830.
Il est trop évident qu’il n’est pas de son temps. Le nuage de mélancolie vague qui l’enveloppe n’aurait pu se former dans l’atmo-
sphère, claire et nette, du dix-septième siècle. Le poète a mis dans cette création toute lyrique les aspirations troubles et confuses qui chargeaient l’air de l’époque. Quelques années plus tard, il aurait précisé, d’un trait plus vivant, ce personnage nébuleux. Trop moderne pour le drame, il paraît maintenant légèrement vieilli. Le signe de fatalité qui le marque fait aujourd’hui l’effet d’une ride. Mais une grande flamme de cœur l’illumine encore; son orgueil est noble, son austérité est candide, et, lorsqu’au dénouement il exhorte à bien mourir son charmant et insouciant compagnon, on croit entendre un jeune Socrate prêchant Alcibiade condamné à boire avec lui la ciguë.
Le quatrième acte n’est, tout entier, qu’un sombre et superbe portrait historique. Louis XIII y revit de pied en cap, avec sa tristesse maladive, sa méfiance ombrageuse, sa dure sécheresse, son vide intérieur, ses mornes enfantillages, ses révoltes d’écolier sournois contre Richelieu, bientôt ramenées à la soumission. Il y a lâ des traits qui creusent à fond les arcanes d’un caractère obscur et les font saillir au grand jour.
La reprise de Marion de Lorme en 1885 reçut dans la presse un chaleureux accueil :
Le Figaro.
Auguste Vitu.
Quiconque a étudié d’un peu près le théâtre de Victor Hugo, abstraction faite des explications après coup des exégèses et des préfaces, quiconque s’est rendu compte des procédés du maître et s’est efforcé de comprendre les secrets de son génie, sait bien qu’en écrivant Marion de Lorme, il ne songeait pas plus à faire de la courtisane une sainte, comme dit l’oncle Césaire, qu’il ne voulut peindre dans la personne de Ruy Blas l’avènement au pouvoir du prolétaire.
La vérité, dans l’un comme dans l’autre cas, est qu’en artiste et en poète, il eut avant tout le dessein de forger à sa guise un poème dramatique.
... L’impression du drame sur le public de 1885 ne m’a pas paru différer beaucoup de celle qu’il produisit sur le public de 1873. Il se développe par gradations savantes et lentes
pendant les deux premiers actes, pour ne se nouer solidement qu’au troisième.
... A travers ces magnificences, ces merveilles de luxe et de goût, ce qui brille encore à l’égal des plus beaux joyaux, des plus étincelantes pierreries, des plus délicates ciselures, ce sont les vers de Alarion de Lorme , qui donnent par eux-mêmes la triple sensation de la musique, de la lumière et de la couleur.
Le Gaulois.
Henri de Pene.
Alarion deLorme foisonne de vers de drame, d’élégie, d’ode, de comédie, qui sont une succession d’enchantements et de merveilles. Victor Hugo lui-même ne pourra guère , sur ce point , dépasser les beautés de son premier poème dramatique.
On se souvient que Alarion de Lorme fut écrit trois mois avant Heruani , bien que représenté un an plus tard. Eh bien! du premier coup ce jeune homme de vingt-sept ans avait poussé jusqu’aux colonnes d'Hercule de son génie.
. . . L’auteur de Alarion de Lorme appartient à cette race de mortels privilégiés auxquels il tombe du ciel des étoiles dans leur assiette, et qui, possesseurs de secrets sublimes, les forgent, les taillent, les cisèlent pour le charme, l’émotion et l’éblouissement de l’univers.
U Intransigeant.
Gramont.
... Il y a d’ailleurs, dans Alarion de Lorme comme dans tous les drames en vers de Victor Hugo, une chose qui sauve tout, qui emporte tout, empêche qu’on ne réfléchisse et force l’admiration : la forme. Sur les inexpériences, les défaillances, les lenteurs des trois premiers actes, une poésie sans égale a jeté l’étincellement de son manteau de pourpre et d’or.
La figure du roi emplit le quatrième acte; celle ci est irréprochable, même si on s’en réfère à l’histoire. C’est bien Louis XIII, un pauvre homme et un triste sire, s’éteignant dans un ennui mortel.
Quant au dernier acte, et surtout à sa dernière partie, la scène du pardon, le départ de Didier et de Saverny pour l’échafaud , ce n’est plus seulement du drame; il y a là en même
temps un élan lyrique, une épique solennité qui bouleversent et transportent. Et si l’on vient à songer que Alarion de Lorme a été écrit en vingt-quatre jours par Victor Hugo, alors âgé de vingt-sept ans, et que c’était son premier ouvrage dramatique, on ne peut qu’être émerveillé de l’ampleur d’un génie si précoce. Cette prodigieuse adolescence présageait assez la maturité et la vieillesse plus éblouissante encore qui ont rempli tout ce siècle de leur gloire.
En 1907, Marion de Lorme ne soulève plus que de rares critiques; elle est consacrée comme une œuvre classique. Le drame prend sa place d’une façon définitive dans le répertoire à côté d ’Hernani, de Ruy Bios, des Burgraves , et la critique admire la verve , la fantaisie , l’invention des trois premiers actes, les situations dramatiques, poignantes, pathétiques des deux derniers.
Le Temps.
Adolphe Brisson.
La reprise de Marion de Lorme a été fort brillante ; elle sera fructueuse. . . Cette résurrection arrive à l’heure propice. Le public est tout à fait bien disposé en faveur de Hugo; on ne le boude plus, comme durant les dix années qui suivirent sa mort; on n’éprouve plus le besoin de réagir contre un excès d’idolâtrie. Hugo revêt la majesté, la sérénité classiques.
Mais c’est un jeune classique; il n’a pas eu le temps de se racornir, de se dessécher, de prendre une physionomie morose et scolaire. Malgré qu’il siège dans l’Olympe parmi les dieux, nous le sentons près de nous. Le bruit des tempêtes que soulevèrent ses œuvres n’est pas éteint, et quoique la bataille d ’Heniani soit terminée, elle n’est pas cependant aussi lointaine que la bataille du Cid. On n’achète plus guère le Corneille «complet»; Hugo se vend comme du pain; chacun des libraires qui, sous une forme quelconque, rééditent ses quatre-vingts ou cent volumes, en tire d’immensrs profits. Le grand écrivain est donc en pleine vogue, en pleine ascension. Une ferveur universelle l’entoure; et ce n’est pas une admiration rassise, consacrée par les siècles.
REVUE DE LA CRITIQUE
un peu usée, c’est une admiration encore neuve, où il entre une part d’enthousiasme, d’étonnement. On n’a pas fini de découvrir les beautés de Victor. Hugo; on est stupéfait de la variété, de l’ampleur de son génie.
. . . Marion nous transporte non point à l’année 1638, sous Richelieu, mais à l’année 1829, sous Charles X. Et c’est une jouissance rare, d’un ordre très délicat, d’y contempler, dans un éblouissement de feu d’artifice, l’imagination, la pensée, la sensibilité romantiques.
Tout s’y trouve. Didier incarne un des aspects de la génération d’alors, l’aspect ténébreux, fatal et meurtri. Les jeunes hommes, de 1816 à 1830, ou bien subissaient avec une stoïque résignation les coups du sort, ou bien s’insurgeaient contre eux avec violence. Ils étaient ou passifs — c’est le cas de Didier — ou révoltés — c’est le cas d’Antony. Ils mouraient dans l’accablement ou dans la fureur, dans l’exaltation mystique ou dans le blasphème, mais non sans prononcer de vastes discours... Didier est bien de son temps... Oh! oui... Quel frémissement dans le parterre, quand, sous les traits de l’acteur Bocage, il exhalait sa désespérance! Il ne peut plus guère nous inspirer qu’une émotion littéraire et rétrospective. Elle n’est pas exempte de charme. Nous prenons plaisir également à recueillir, dans le dialogue, un écho des luttes que soutenait Victor Hugo, chef d’école, émancipateur de la langue, artiste indépendant. L’allusion y abonde.
Sur le dernier acte Adolphe Brisson s’exprime ainsi :
La douleur de Marion pleurant sur son amant et sur elle-même, la pitié qu’il lui accorde avant de mourir, ce duo égale en pathétique les plus sublimes scènes de Poljeutfe. On n’y sent plus, comme ailleurs, les jeux d’une trop habile rhétorique. Marion est sincère, elle verse de vraies larmes. Quel crime a-t-elle commis ? Ce crime, que Didier lui pardonne, c’est, pour le sauver, de s’être livrée à Laffemas. Or, elle a conscience de sa dégradation, contrairement à l’avis émis par George Sand dans un débat célèbre. La pudeur s’est éveillée en elle, en même temps que l’amour. Elle était réhabilitée, elle retombe : elle sent l’horreur de sa chute nouvelle. Elle n’aimait qu’un homme au monde, elle lui a immolé sa vertu , sa chasteté reconquises, et cela vainement.
sans obtenir qu’il veuille accepter ce sacrifice. La situation est admirable. N’importe quel auditoire, en n’importe quel temps et quel pays, en sera touché.
Le Journal des Débats.
Emile Faguet.
C’est varié, c’est rapide, c’est fantasque, c’est plein d’imagination jeune , c’est éloquent de la façon la plus vulgaire et aussi de la façon la plus haute; c’est lyrique tantôt comme, la plus banale des romances, tantôt - — presque — - comme la plus brillante des odes romantiques.
J’ai dit «rapide» tout à l’heure. Je m’explique et j’atténue un peu. En général ce qu’on admire le plus dans Marion, ce sont les deux derniers actes. Tout en y reconnaissant du mérite, je les trouve, au théâtre, un peu lents et longs; et ce sont plutôt les trois premiers que je trouve enlevés avec verve et avec entrain.
Le Figaro.
Emmanuel Arene.
Nous voici maintenant, comme dirait le père Dumas, autre romantique, à vingt ans après, et il me semble bien que, cette fois, c’est l’apothéose. La Comédie-Française avait fait, de cette reprise qui ne sera certainement pas la dernière, une sorte de pieux hommage à la mémoire de l’illustre poète, et elle va y trouver l’occasion du plus grand et du plus fructueux succès. L’œuvre, qui a fortement captivé les spectateurs pourtant sceptiques de la répétition générale et de la première, portera plus encore sur le grand public. Elle est, d’un bout a l’autre, intéressante ; il y passe un souffle de grâce, de fraîcheur, d’amour, d’émotion qui emplit ces cinq actes, si pittoresques et si variés, d’une atmosphère chevaleresque et galante. Le drame est intimement mêlé à la comédie, ce qui est la vie même, où le rire est toujours si près des larmes. Les personnages, si joliment décrits et si bien rendus, vous séduisent sans effort; on se prend tout de suite de tendresse pour cette exquise Marion, sœur aînée de la Dame aux camélias, à qui nous pardonnons tous bien avant que Didier lui ait pardonné; pour Didier lui-
même, si farouchement et ingénument amoureux, cœur gentiment enfantin dans la plus rude et la plus virile enveloppe, et pour ce Gaspard de Saverny, un ancêtre de Cyrano, personnage vraiment délicieux d’élégante crânerie et de juvénile insouciance, type accompli du gentilhomme, adorable français des pieds à la tête, — de cette tête qu’il incline sur l’échafaud avec la même grâce qu’il la poserait sur les genoux d’une femme.
... Qui pourrait se douter aujourd’hui, en écoutant les magnifiques tirades du poète, que cette langue si pure, si claire, si vigoureuse a été jadis considérée comme barbare, et qu’on affectait même de ne pas la comprendre ? Elle est, maintenant, universellement admirée, et souvent même trop imitée. Elle est restée, depuis près d’un siècle, le modèle d’où sont sorties bien des copies, et Victor Hugo a maintenant sa place, et non des moins bélles, parmi les grands classiques. En jouant son théâtre, tout son théâtre, la Comédie-Française ne fait donc que son devoir strict; elle reste simplement fidèle à sa mission.
... En attendant, Marion a triomphé. Cette septuagénaire défie gaillardement les œuvres les plus nouvelles : cette délicieuse aïeule est plus jeune que ses petits-enfants. Il serait irrespectueux pour le lecteur d’esquisser ici, si peu de pédantisme que je voulusse y mettre, l’ombre même d’une analyse. Je n’oublie pas qu’il s’agit d’un sujet que chacun connaît et d’une pièce que tout le monde ira voir ou revoir. Je n’ai donc rien à faire, qu’à donner le magnifique bulletin de la soirée. Tout de suite, l’auditoire a été conquis, et le succès est allé croissant jusqu’aux points culminants de la pièce, jusqu’à ce quatrième acte, très beau, mais qui a cependant le tort de nous rappeler trop fidèlement le Roi s’amuse et de nous donner un marquis de Nangis dont la parenté avec le duc de Saint- Vallier est flagrante; jusqu’au cinquième acte, jusqu’au dénouement, d’une si dramatique simplicité, d’une si pénétrante mélancolie, dans la sévérité du décor funèbre, avec la douloureuse image de la mort que cette tête folle de Saverny nous rend presque souriante. A lui seul l’admirable trio final, si merveilleusement exprimé, on pourrait presque dire chanté — tant les vers sont, ici, une musique, — par M"'° Bartet, MM. Le Bargy et Albert Lam-
bert fils, suffirait à décider du succès d’une soirée.
L’ Écho de Paris.
François de Nion.
Dois-je l’avouer ? ce qui me séduit le plus dans l’œuvre que la Comédie-Française vient de remettre à la scène avec beaucoup de soin et d’éclat, ce ne sont ni les tirades de Didier, ce grandiloquent bavard, ni la passion, parfois bien artificielle, de sa maîtresse. Mais quelle divination de l’époque dans les détails! Quels admirables portraits tracés! Quelle verve joyeuse ou sombre! Quelle richesse d’invention! Quels vers d’une souplesse, d’une vigueur, d’une légèreté à nulles autres pareilles! Aucune trace de prétention, de préciosité, de recherche du rare et du raffiné dans cette libre expansion d’un cœur et d’un talent! Je ne voudrais décourager personne, mais j’admire - — - malgré l’incontestable et inconcevable succès du théâtre en vers à notre époque — comme il peut se trouver des audacieux qui osent encore assembler des rimes tragiques!
Nous terminons cette revue en donnant des extraits du brillant article que Catulle Mendès a publié dans le Journal.
Que cela est beau! que cela est pur! et tendre! et si doucement sublime ! Tout ce soir, nous avons été la proie extasiée du génie; et les larmes d’attendrissement étaient aussi des pleurs d’admiration et de joie.
... Nous sommes en face d’une manifestation de la grandeur humaine, et cette manifestation est d’autant plus admirable qu’elle est faite de charme et de miséricorde. Oui, la pitié, qui devint l’épouse du génie de Victor Hugo, l’auguste pitié, était déjà sa fiancée quand il écrivit Marion de Lor/ne. Voici un jeune homme beau, fou, ardent, qui s’est marié vierge à une jeune fille adorée ! et à quoi pense son premier drame ? à demander grâce pour la courtisane qui se régénéra dansl’amour. Ne voyez-vous pas tout ce que la demande du pardon pour la pécheresse, gagne de beauté dans le fait qu’il est sollicité par le très pur mari de celle qui n’a jamais eu besoin de pardon ? Et Victor Hugo, par un prodige sans
REVUE DE LA CRITIQUE
exemple, par une possession actuelle de tout son soi-même futur — totum suurn ejle simul habens, selon le mot de saint Thomas — contenait déjà le créateur des Misérables. Marion de Lorme prédit, réalise déjà Fantine. D’ailleurs, c’est d’elle que sont issues — de la Dame aux camélias au Kuijleau — pour l’honneur de notre théâtre, toutes les amoureuses tombées en courtisanes, relevées en repenties; et il nous est impossible d’être ému par le souvenir évangélique de la Madeleine parfumant ses parfums aux pieds de Jésus, sans que s’érige en nous, comme une imageécho, non moins sacrée, Marion, rachetée de Laffemas, par le baiser, près de l’échafaud, de Didier! Mais à quoi bon dire — dire si mal — mon enthousiasme pour l’un des plus par-
faits chefs-d’œuvre de celui à qui la France doit la souveraineté universelle, sur toutes les races, de son génie.
... Et Marion de Lorme a été «la première rencontre» de Victor Hugo avec la Pitié. — ■ J’ai dit notre joie d’avoir revu, sur la scène, ce délicat, souriant, aimable , héroïque, pathétique chef-d’œuvre. Remarquez qu’il nous enchante plus que jamais. Certains détails de verbe ou de facture technique qui, aux reprises déjà anciennes, avaient paru quelque peu démodés, ne le sont plus du tout; ils ont cessé de sembler surannés, parce qu’ils sont devenus classiques; et quand Victor Hugo intercale parmi les siens des vers de Corneille, pas de différence. C’est ainsi Hemani est devenu le frère du Cid.
Marion de Lorme. — Drame, par Victor Hugo. Paris, Eugène Renduel, libraire-éditeur, rue des Grands-Augustins, n° 22 (imprimerie Evcrat), 1831. Edition originale in-8°, publiée à 6 francs.
Marion de Lorme. — Œuvres de Victor Hugo, Drame IV. Eugène Renduel, 1836, in-8°. Deux dessins hors texte par Louis Boulanger. Prix : 6 francs.
Marion de Lorme... — Théâtre de Victor Hugo, de l’Académie française, première série. Paris, Charpentier, rue de Seine, n° 29 (imprimerie Béthune et Plon), 1841, in-18. Edition collective réimprimée en 1844; prix : 3 fr. jo.
Marion de Lorme.. . — Paris, Fume et C‘°, rue Saint-André-des-Arts, n° 55 (imprimerie Béthune et Plon), 1841, in-8°. Edition collective, parue en livraisons à 50 centimes, et ornée des dessins de l’édition Renduel,
Marion de Lorme. — - Paris, Michel Lévy, 1845. Edition grand in-8° à deux colonnes; prix : 1 franc.
Marion de Lorme... — Théâtre complet de Victor Hugo. Paris, chez l’éditeur du répertoire dramatique, boulevard du Temple, n° 34, et chez Tresse, Palais-Royal (imprimerie Plon frères), 1846. Édition grand in-8°, ornée de gravures sur acier.
Marion de Lorme... — Théâtre de Victor Hugo, de l’Académie française. Paris, Michel Lévy frères, libraires-éditeurs, rue Vivienne, n° 2 bis, 1850. Nouvelle édition grand in-8°, réimpression de l’édition précédente.
Marion de Lorme... — Œuvres illustrées de Victor Hugo, édition J. Hetzel, Paris, Marescq et C‘°, rue du Pont-de-Lodi, n° 5, et Blanchard, rue Richelieu, n° 78 (imprimerie Simon Raçon et Cle), 1833, grand in-8° à deux colonnes.
Marion de Lorme. — Théâtre de Victor Hugo. Paris, édition J. Hetzel (s d.), réimpression de la précédente.
Marion de Lorme... — Théâtre I. Collection Hetzel, Lecou éditeur, Paris, rue du Bouloi, n" 10 (imprimerie Simon Raçon), 1853-1835. Édition collective in-16 ; prix: 3 fr. 50.
Marion de Lorwe... — Collection Hetzel, Paris, librairie Hachette et C'u, rue Pierre-Sarrazin, n° 14 (imprimerie Simon Raçon), 1856- 1857. Edition collective in-16; prix : 1 franc.
Marion de Lor/ne. . . - — Œuvres de Victor Hugo, drame II. Alexandre Houssiaux, libraire-éditeur, rue du Jardinet-Saint-Andrédes-Arts, n° 3 (imprimerie Simon Raçon et C'e), 1857. Edition in-8°, ornée de vignettes; prix : 5 francs.
Marion de Lorwe... — Théâtre II. Paris, Hachette et C‘c, rue Pierre-Sarrazin , n° 14 (imprimerie Ch. Lahure), 1862-1863. Édition collective in-16; prix : 3 fr. 50.
Marion de Lorwe. — Nouvelle édition, Paris, Michel Lévy frères, éditeurs, rue Auber, n° 3, et boulevard des Italiens, n° 15, â la Librairie nouvelle (imprimerie J. Claye), 1873, in-8°. Frontispice de Léopold Flameng; prix : 4 fr.
Marion de Lorwe. — Nouvelle édition.
Paris, Michel Lévy frères, éditeurs, rue Auber, n° 3, et boulevard des Italiens, n° 15, à la Librairie nouvelle (imprimerie J. Claye), 1873, in-18; prix : 2 francs.
Marion de Lorwe... — Œuvres de Victor Hugo, théâtre II. Paris, A. Lemerre, passage Choiseul , 1876, petit in-12 ; prix : 6 francs.
Marion de Lorwe... — Œuvres complètes
de Victor Hugo, drame II. Édition définitive. Paris, J. Hetzel et C'c, rue Jacob, n° 18, A. Quantin et C‘e, rue Saint-Benoît, n° 7, 1880, in-8“; prix : 7 fr. 50.
Aiarion de Lorwe. .. — Victor Hugo illustré, théâtre I. Paris, E. Hugues, rue Thérèse, n° 8 (imprimerie P. Mouillot), 1882-1883, grand in-8°, paru d’abord en sept livraisons à 10 centimes. Le volume : 6 francs.
Marion de Lorwe... — Œuvres complètes de Victor Hugo , drame II. Edition nationale , Paris, Emile Testard et C'e, éditeurs, rue de Condé, n" 10 (typographie G. Chamerot), illustrations de Maurice Leloir, 1887, petit in-40; prix : 30 francs.
Aiarion de Lorwe. — - Petite édition définitive , in-16 (s. d.), Hetzel-Quantin ; prix : 2 franc;.
Aiarion de Lorwe. — Edition à 25 centimes le volume, 2 volumes in-32, Jules Rouff et C", rue du Cloître-Saint-Honoré, Paris (s. d.).
Aiarion de Lorwe. — Collection des morceaux choisis de Victor Hugo; Paris, Société d’éditions littéraires et artistiques, librairie Paul Ollendorff, Chaussée d’Antin, n° 50, 1907, petit in-16; prix : 1 fr. 25.
Marion de Lorwe. — Théâtre II, édition de l’Imprimerie nationale, Paris, Paul Ollendorff, Chaussée d’Antin, n“ 50, 1908, grand in-8°, publie à 10 francs.
Aiadawe Dorval, rôle de Marion de Lorme (acte III), costume espagnol, dessin de Devéria, lithographie Remercier, 1831.
Madawe Dorval , costumes de Marion de Lorwe (actes I et II), n” 1183 de la collection Martinet. — Chez Hautecœur-Martinct, éditeurs, rue du Coq, n° ij, Paris.
Didier et Aiarion (acte I), dessin de A.Johannot, gravé par Guérin. — L’Art'ffe, 1831.
Le rende^vous (acte I), dessin de A. Johannot, lithographie de Delaunois. — L’Artifle,
Oh ! -vous ne save ^ pas, je vous aime ardemment l (acte I). — Et cet autre à l'ail terne ? (acte II). — Marion disant Chimene (acte III).
— Prene garde qu’un jour je ne veuille plus , moi! (acte IV). — Aiarion aux pieds du roi (acte IV). — L’Angely et le roi (acte IV).
— ... Le roi ne met pas ses mains là (acte IV).
— Marion implorant le cardinal (acte V). — Huit dessins de Louis Boulanger, gravés à l’eau-forte par Branche. — Le Muse'e théâtral,
La litière du Cardinal, peinture de Louis Boulanger. Maison de Victor Hugo.
Le duel (acte II). — - Voilà l'homme rouge qui pafle (acte V). — Deux dessin-s de Louis Boulanger, gravés sur acier par W. et E. Finden.
— Édition Renduel, 1836.
Scènes de Marion de Lorme, dessins de Foulquier, gravés sur bois. — J. Hetzel, Marescq et C“ et Blanchard, 1853.
Cinq scènes de Marion de Lorme, dessins de E. Morin, gravés par Daudenarde. — Monde illustré, 22 février 1873.
Alarion accourant au bruit des epe'es (acte II), dessin de A. Ferdinandus. — L’Univers illustré, 22 février 1873.
Savemy. — Didier desarmé (acte II ). — Nangis.
— Le Gracieux. — L’Angely. — Marion aux pieds du roi (acte IV). — Six compositions dessinées et gravées à l’eau-forte par Frédéric Régamey. — Paris à l’eau-forte, n” 2, 6 avril 1873.
Le pardon (acte V), eau-forte de L. Flameng. — Édition Michel Lévy, 1873.
de l’aime! (acte I), dessin de E. de Liphart, photogravure de Goupil. — Le livre d’or de V itlor Hugo, 1882.
Programme illustré de Marion de Lorme, dessins de G. Fraipont et Just-Simon. — Société de l’Édition nationale, décembre 1885.
Nangis et Alarion demandant grâce au roi ( acte IV), dessin d’Adrien Marie. — Le Alonde illustré, 9 janvier 1886.
Che^le marquis de Nangis (acte III), décor de Le Meunier, dessin de Robaudi. — Paris- ArtiSte, janvier 1886.
Le rendez-vous, dessin de François Flameng, gravé à l’eau-forte par Léopold Flameng. — Édition Hébert, 1886.
Ah! monsieur, vous me perde (acte I), Marion demandant au roi la grâce de Didier (acte IV), dessins de Maurice Leloir, gravés à l’eau-forte par Lalauze et Mongin. — Edition nationale, Testard, 1887.
Portrait de Marion de Lorme, dessin de Du Gour d’après Champaigne, gravé par Le Bert. Portrait de U lit or Hugo, par Devéria. Miniatures exécutées par Mme Debillemont-Chardon pour Mm* Bartet, 1907.
SALONS
1877. Actel, scène m, peinture par Eugène Accard.
1879. Portrait de Madame Favart dans Marion de Lorme, peinture de M"'e Léonie Ehrmann.
1885. Le Pardon (acte V), peinture d’Henri Darets d’Ardeuil.
On trouvera plus loin, dans les documents illustrés, un portrait de Sarah Bernhardt. Nous aurions voulu, comme pour Dorval , pour Favart, pour Bartet, la représenter dans son rôle de Marion. Nous avons fait dans ce but de nombreuses recherches. Nous nous sommes adressé tout d’abord à la grande tragédienne qui n’a pu nous fournir ce précieux document. Nous avons consulté tous les journaux illustrés de l’époque à la Bibliothèque nationale, nous avons
eu recours à Félix Duquesnel qui dirigeait alors le théâtre de la Porte-Saint- Martin ; à M. Couët , l’un des archivistes de la Comédie-Française; à M. Louis Péricaud, un des hommes les mieux documentés sur le théâtre. Nous avons visité tous les grands photographes. Le portrait de Sarah Bernhardt en Marion est demeuré introuvable. Finalement nous avions espéré que Pierre Berton qui fut, à la reprise de 1885, un admirable Saverny, pourrait nous renseigner;
et en effet, il résulte de sa communication que ce portrait n’existe pas, puisque Sarah Bernhardt ne fut pas photographiée lors de cette reprise.
Nous avons pensé néanmoins que
cette édition devait renfermer le portrait de celle qui avait interprété avec tant d’éclat les drames de Victor Hugo et nous avons donné une de ses photographies.
Nous avons reproduit, p. 237, deux miniatures exécutées par une artiste très distinguée, M'"” Debiilemont-Chardon , et offertes à M"1' Bartet lors de la reprise de 1907. Nous devons à l’obligeance de Mm“ Bartet d’avoir pu photographier ce souvenir.
Le portrait de Victor Hugo a été copié sur la lithographie d’Eugène Devéria de 1829. C’était l’époque où le poète écrivait Marion de L orme. Les
teintes des yeux et des cheveux ont été empruntées au portrait que Chatillon a peint en 1834, qui se trouve à la maison de Victor Hugo. Le poète considérait que ce portrait était une fidèle reproduction.
Le médaillon de Marion a été copié sur une gravure du temps. L’administration de la Bibliothèque nationale nous a obligeamment autorisé à photographier le dessin de Du Gour, gravé par Le Bert.
ILLUSTRATION DES ŒUVRES
REPRODUCTIONS ET DOCUMENTS
MARION