‹ Marion de Lorme. Le roi s'amuse. Lucrèce BorgiaChapitre 133 sur 305 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

LE ROI, TRIBOULET, M. DE GORDES, plusieurs seigneurs. Les seigneurs,

superbement vêtus. Triboulet, dans son costume de fou, comme l’a peint Boniface.

Le roi regarde passer un groupe de femmes.

M. DE LA TOUR-LANDRY

Madame de Vendosme est divine!

M. DE GORDES

Mesdames

D’Albe et de Montchevreuil sont de fort belles femmes.

LE ROI

Madame de Cossé les passe toutes trois.

M. DE GORDES

Madame de Cossé! Sire, baissez la voix.

Lui montrant M. de Cossé qui passe au fond du théâtre. — M. de Cossé, court et ventru, «un des quatre plus gros gentilshommes de France», dit Brantôme.

Le mari vous entend.

LE ROI

Qu’importe !

Hé! mon cher Simiane,

M. DE GORDES

Il l’ira dire à madame Diane.

Qu’importe !

LE ROI

Il va au fond du théâtre parler à d’autres femmes qui passent.

TRIBOULET, à M. de Gordes.

11 va fâcher Diane de Poitiers.

Il ne lui parle pas depuis huit jours entiers.

M. DE GORDES

S’il l’allait renvoyer à son mari ?

TRIBOULET

Que non.

J’espère

M. DE GORDES

Elle a payé la grâce de son père.

Partant, quitte.

TRIBOULET

A propos du sieur de Saint- Vallier, Quelle idée avait-il, ce vieillard singulier,

De mettre dans un lit nuptial sa Diane,

Sa fille, une beauté choisie et diaphane,

Un ange que du ciel la terre avait reçu, fout pêle-mêle avec un sénéchal bossu!

M. DE GORDES

C’est un vieux fou. — J’étais sur son échafaud même Quand il reçut sa grâce. — Un vieillard grave et blême.

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