‹ Marion de Lorme. Le roi s'amuse. Lucrèce BorgiaChapitre 164 sur 305 · ACTE II. — SALTABADIL · texte numérisé non relu

ACTE II. — SALTABADIL

M. DE PIENNE

Messieurs, ne perdons pas notre temps en grimaces. Nous avons résolu de punir Triboulet.

Or, nous sommes ici, tous, à l’heure qu’il est,

Avec notre rancune, et, de plus, une échelle. Escaladons le mur et volons-lui sa belle,

Portons la dame au Louvre, et que sa majesté A son lever demain trouve cette beauté.

M. DE COSSÉ

Le roi mettra la main dessus, que je suppose.

MA ROT

Le diable à sa façon débrouillera la chose!

M. DE PIENNE

Bien dit. A l’œuvre !

M. DE GORDES

Au fait, c’est un morceau de roi.

Entre Triboulet.

TRIBOULET, rêveur, au fond.

Je reviens... à quoi bon? Ah! je ne sais pourquoi !

M. DE COSSE, aux gentilshommes.

Çà, trouvez-vous si bien, messieurs, que, brune et blonde, Notre roi prenne ainsi la femme à tout le monde?

Je voudrais bien savoir ce que le roi dirait Si quelqu’un usurpait la reine ?

TRIBOULET, avançant de quelques pas.

Oh ! mon secret !

■ — Ce vieillard m’a maudit! — Quelque chose me trouble!

La nuit est si épaisse qu’il ne voit pas M. de Gordes près de lui et qu’il le heurte en passant.

Qui va là?

M. DE GORDES, revenant, effaré. Bas aux gentilshommes.

Triboulet, messieurs!

IMPMMF.niR NATIONALE.

Tuons le traître!

M. DE COSSE, bas.

Victoire double !

M. DE PIENNE

Oh non !

M. DE COSSÉ

Il est dans notre main.

M. DE PIENNE

Et nous ne l’aurions plus pour en rire demain ?

M. DE GORDES

Oui, si nous le tuons, le tour n’est plus si drôle.

M. DE COSSÉ

Mais il va nous gêner.

MAROT

Laissez-moi la parole.

Je vais arranger tout.

TRIBOULET, qui est restë dans son coin aux aguets et l’oreille tendue.

On s’est parlé tout bas.

Triboulet!

C’est

MAROT, approchant.

TRIBOULET, d’une voix terrible.

Qui va là P

MAROT

Là! ne nous mange pas.

st moi.

TRIBOULET

Qui , toi P

MAROT

Marot.

TRIBOULET

Ah! la nuit est si noire!

MAROT

Oui, le diable s’est fait du ciel une écritoire.

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