‹ Marion de Lorme. Le roi s'amuse. Lucrèce BorgiaChapitre 242 sur 305 · ACTE I. — AFFRONT SUR AFFRONT · texte numérisé non relu

ACTE I. — AFFRONT SUR AFFRONT

— Oui, vous voyez, il y a eu bien des crimes autour de mon berceau. — Ma pauvre mère! N’est-ce pas que vous comprenez maintenant que je m’arrête peu aux galanteries et aux amourettes, parce que je n’ai qu’une pensée au cœur, ma mère! Oh! délivrer ma mère! la servir, la venger, la consoler, quel bonheur! Je penserai à l’amour après. Tout ce que je fais, je le fais pour être digne de ma mère. Il y a bien des aventuriers qui ne sont pas scrupuleux, et qui se battraient pour Satan après s’être battus pour saint Michel; moi, je ne sers que des causes justes. Je veux pouvoir déposer un jour aux pieds de ma mère une épée nette et loyale comme celle d’un empereur. — Tenez, madame, on m’a offert un gros enrôlement au service de cette infâme madame Lucrèce Borgia. J’ai refusé.

DON A LUCREZIA

Gennaro! — Gennaro! ayez pitié des méchants! Vous ne savez pas ce qui se passe dans leur cœur.

GENNARO

Je n’ai pas pitié de qui est sans pitié. — Mais laissons cela, madame. Et maintenant que je vous ai dit qui je suis, faites de même, et dites-moi à votre tour qui vous êtes.

DONA LUCREZIA

Une femme qui vous aime, Gennaro.

GENNARO

Mais votre nom ?. . .

DONA LUCREZIA

Ne m’en demandez pas plus.

Des flambeaux. Entrent avec bruit Maffio et Jeppo. Dona Lucrezia remet son masque

précipitamment.

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