‹ Marion de Lorme. Le roi s'amuse. Lucrèce BorgiaChapitre 277 sur 305 · ACTE III. — IVRES MORTS · texte numérisé non relu

ACTE III. — IVRES MORTS

LA NEGRONI

Vous avez toujours l’amour à la bouche.

Et vous dans les yeux.

Etes-vous singulier!

Etes-vous belle !

LA NEGRONI

MAFFIO

Il lui prend la taille.

LA NEGRONI

Monsieur le comte Orsini, laissez-moi!

Un baiser sur votre main ?

Non !

MAFFIO

LA NEGRONI

GUBETTA, abordant Maffio.

Vos affaires sont en bon train près de la princesse.

Elle lui échappe.

MAFFIO

Elle me dit toujours non.

Dans la bouche d’une femme Non n’est que le frère aîné de Oui.

JEPPO, survenant, à Maffio.

Comment trouves-tu madame la princesse Negroni ?

MAFFIO

Adorable. Entre nous, elle commence à m’égratigner furieusement le

cœur.

Et son souper?

Une orgie parfaite.

La princesse est veuve.

On le voit bien à sa gaîté !

JEPPO.

MAFFIO

JEPPO.

MAFFIO

5io

JEPPO.

J’espère que tu ne te défies plus de son souper?

Moi! Comment donc! J’étais fou.

JEPPO, à Gubetta.

Monsieur de Belverana, vous ne croiriez pas que Maffio avait peur de venir souper chez la princesse?

GUBETTA

Peur ? — Pourquoi ?

JEPPO.

Parce que le palais Negroni touche au palais Borgia.

GUBETTA

Au diable les Borgia! — et buvons!

JEPPO, bas à Maffio.

Ce que j’aime dans ce Belverana, c’est qu’il n’aime pas les Borgia.

MAFFIO, bas.

En effet, il ne manque jamais une occasion de les envoyer au diable avec une grâce toute particulière. Cependant, mon cher Jeppo...

Eh bien ?

JEPPO.

MAFFIO

Je l’observe depuis le commencement du souper, ce prétendu espagnol. Il n’a encore bu que de l’eau.

Voilà tes soupçons qui te reprennent, mon bon ami Maffio. Tu as le vin étrangement monotone.

MAFFIO

Peut-être as-tu raison. Je suis fou.

GUBETTA, revenant et regardant Maffio de la tête aux pieds.

Savez-vous, monsieur Maffio, que vous êtes taillé pour vivre quatrevingt-dix ans, et que vous ressemblez à un mien grand-père, qui a vécu

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