ACTE III. — LA COMÉDIE
S’il n’est mort de douleur, il mourra de la joie. De tels coups sont trop forts pour un vieillard.
Il le faut.
BRICHANTEAU
Mon cher,
SAVERNY
J’ai grand’peine à voir son rire amer Par moments, son silence et ses pleurs. Il me navre A baiser ce cercueil !
BRICHANTEAU
Un cercueil sans cadavre.
SAVERNY
Oui, mais il m’a bien mort et sanglant dans son cœur. C’est là qu’est le cadavre.
LAFFEMAS, revenant.
Ah! pauvre vieux seigneur!
Comme on voit dans ses yeux le chagrin qui le mine!
BRICHANTEAU, bas a Saverny.
Quel est cet homme noir et de mauvaise mine?
SAVERNY, avec un geste d’ignorance.
Quelque ami qui se trouve au château.
BRICHANTEAU, bas.
Le corbeau
Est noir de même et vient à l’odeur du tombeau.
Plus que jamais, tais-toi. — C’est une face ingrate Et louche, à rendre un fou prudent comme Socrate!
Rentre le marquis de Nangis, toujours plongé dans une profonde Il vient à pas lents, sans paraître voir personne, s’asseoir sur un gazon.
rêverie, banc de