‹ Marion de Lorme. Le roi s'amuse. Lucrèce BorgiaChapitre 51 sur 305 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

LA COMÉDIE

MARION, toujours prosternée.

Dieu le protège!

DIDIER, continuant sans l’écouter.

Autrement croyez-vous qu’il m’eût pris à son piège.

Et que je n’eusse pas rompu de l’éperon Sa toile d’araignée à prendre un moucheron ?

La mort est désormais le seul bien que j’envie.

Vous me servez bien mal pour me devoir la vie.

MARION

Que dit-il? Vous vivrez!

LAFFEMAS

Çà, tout n’est pas fini.

Est-il sûr que c’est là Gaspard de Saverny ?

MARION

Oui!

LAFFEMAS

C’est ce qu’il convient d’éclaircir à cette heure.

MARION, lui montrant le marquis de Nangis qui tient toujours Saverny embrassé.

Regardez ce vieillard qui sourit et qui pleure.

Est-ce bien là Gaspard de Saverny?

MARION

Comment

Pouvez-vous en douter à cet embrassement?

LE MARQUIS DE NANGIS, se détournant.

Si c’est lui! mon Gaspard! mon fils! mon sang! mon âme!

A Marion.

N’a-t-il pas demandé si c’était lui , madame ?

LAFFEMAS, au marquis de Nangis.

Ainsi vous affirmez que c’est votre neveu Gaspard de Saverny?

THÉÂTRE. II. 6

IMPRIMERIE NATIONALE

LE MARQUIS DE NANGIS, avec force.

Oui!

LAFFEMAS

D’après cet aveu,

A Saverny.

De par le roi, marquis Gaspard, je vous arrête.

— Votre épée.

Etonnement et consternation dans l’assistance.

LE MARQUIS DE NANGIS

O mon fils!

MARION

Ciel!

DIDIER

Encore une tête !

Au fait, il en faut deux. Au cardinal romain C’est le moins qu’il revienne, une dans chaque main!

LE MARQUIS DE NANGIS

De quel droit ?...

LAFFEMAS

Demandez compte à son éminence.

Tous survivants au duel tombent sous l’ordonnance. A Saverny.

Donnez-moi votre épée.

DIDIER, regardant Saverny.

Insensé !

SAVERNY, tirant son épée et la présentant à Laffcmas.

La voici.

LE MARQUIS DE NANGIS, l’arrêtant.

Un instant! Devant moi nul n’est seigneur ici.

Seul j’ai dans ce château justice basse et haute ;

Notre sire le roi n’y serait que mon hôte.

A Saverny.

Ne remettez qu’à moi votre épée.

Saverny lui remet son épée et le serre dans ses bras.

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