‹ Marion de Lorme. Le roi s'amuse. Lucrèce BorgiaChapitre 58 sur 305 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MARION, LE DUC DE BELLEGARDE

MARION, allant au duc.

Monsieur le duc, ici vous êtes capitaine.

LE DUC DE BELLEGARDE

Quoi! charmante, c’est vous!

Saluant.

Que voulez-vous, ma reine?

Voir le roi.

MARION

LE DUC DE BELLEGARDE

Quand ?

MARION

Sur l’heure.

LE DUC DE BELLEGARDE

Eh! l’ordre est bref! — Pourquoi ?

MARION

Pour quelque chose.

LE DUC DE BELLEGARDE, éclatant de rire.

Allons! faites venir le roi.

Comme elle y va !

C’est un refus ?

LE DUC DE BELLEGARDE

Mais je suis vôtre !

En souriant.

Nous sommes-nous jamais rien refusé l’un l’autre ?

MARION

C’est fort bien, monseigneur, mais parlerai-je au roi ?

LE DUC DE BELLEGARDE

Parlez d’abord au duc. Je vous donne ma foi Que vous verrez le roi tout à l’heure au passage. Mais causons cependant. Çà, petite! est-on sage? Vous en noir! on dirait une dame d’honneur. Vous aimiez tant à rire autrefois.

Je ne ris plus.

Vous !

MARION

.Monseigneur,

LE DUC DE BELLEGARDE

Pardieu ! mais je crois qu’elle pleure.

MARION, essuyant ses larmes, d’une voix ferme.

Monseigneur le duc, je veux parler sur l’heure Au roi.

LE DUC DE BELLEGARDE

Mais dans quel but ?

MARION

Ah ! c’est pour. . .

LE DUC DE BELLEGARDE

Contre le cardinal ?

MARION

Est-ce aussi

Oui, duc.

LE DUC DE BELLEGARDE, lui ouvrant la galerie

Entrez ici.

Je mets les mécontents dans cette galerie.

Ne sortez pas avant le signal, je vous prie.

Marion entre. Il referme la porte.

J’eusse pour le marquis fait ce coup hasardeux.

Il n’en coûte pas plus de travailler pour deux.

Peu h peu la salle se remplit de courtisans qui causent entre eux. Le duc de Bellcgarde va de l’un à l’autre. — Entre L’Angely.

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