‹ Marion de Lorme. Le roi s'amuse. Lucrèce BorgiaChapitre 96 sur 305 · AU THEATRE-FRANÇAIS · texte numérisé non relu

AU THEATRE-FRANÇAIS

Le progrès, souhaité et prévu par l’auteur, s’est accompli, et le drame de Marion dî Lorme est représenté en 1873 sans altération ni atténuation, et tel qu’il a été écrit en 182c;. L’heure du vrai public est venue.

LE MANUSCRIT

DE

Le manuscrit de Manon de Tonne est fort intéressant à étudier. On y peut suivre tous les tâtonnements, toutes les hésitations, toutes les évolutions de la pensée. Tout d’abord le poète s’abandonne à sa verve, au premier jet de l’inspiration. Puis il revient sur ses pas ; il s’est aperçu que l’action était trop précipitée , que certains effets étaient escomptés ; il reprend alors des fragments de scène et des scènes tout entières , il les modifie ou les refait complètement, et on assiste alors à ce travail très curieux de l’homme qui possède déjà la science du théâtre et la compréhension des foules; aussi le manuscrit est-il surchargé de ratures et si encombré d’ajoutés que parfois des petits bouts de papier ont dù être collés au bas d'un feuillet ou en regard de la marge, surchargée elle-meme. Grâce à ces nouvelles versions, à tous ces développements , à ces transformations , le drame comporte presque la matière de deux drames.

Victor Hugo n’a pas songé une minute à mettre au net ou à recopier son manuscrit, il l’a livré , tel qu'il est sorti de sa plume , aux compositeurs dont les noms figurent en marge; il leur a fallu une attention soutenue pour se reconnaître dans ce lacis de scènes enchevêtrées et de variantes chevauchant les unes sur les autres. En lisant ce manuscrit, on ne saurait trop admirer la fécondité d'imagination, la fertilité des ressources, l'habileté scénique et la prodigieuse richesse de la langue.

L’écriture est fine , droite et menue. Le manuscrit comprend , indépendamment des plans, des notes et des variantes, groupés à la fin, soixante-treize feuillets déformât égal (35 centimètres de hauteur sur 23 de largeur), mais de couleur différente, la plus grande partie sur papier de Hollande non ébarbé, quelques feuillets bleu pâle. Le texte, qui n’occupe que la moitié de la page, est écrit au recto et au verso.

Au dos du dernier feuillet de la préface, cette note pour l’imprimeur :

Voici la préface. Il faudrait l’imprimer en caractère.^ plus gros que la pièce. Je prie M. Everat de m’en faire envoyer deux épreuves.

J’ai encore une petite note à envoyer pour mettre à la fin. yr jq

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