‹ Marion de LormeChapitre 16 sur 209 · ACTE PREMIER. M · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. M

Il ne sera pas dit qu'un homme de mon nom

Soit bravement sauvé par un bon gentilhomme

Sans lui dire : « Marquis... » —Le nom dont on vous nomme,

Monsieur?

DIDIER

Didier.

Didier de quoi?

DIDIER

Didier de rien.

Ça, l'on vous tue, et moi, je vous secours. C'est bien; Allez-vous-en.

SAVERNY

Voilà vos façons ! — Par ces traîtres Que ne me laissiez-vous tuer sous vos fenêtres ! J'eusse aimé mieux cela ; car sans vous, sur ma foi, J'étais mort. Six larrons, six voleurs contre moi ! Mort! Six larges poignards contre une mince épée!

Apercevant Marion, qui jusque-là a cherché à l'éviter.

Mais vous aviez ici l'âme bien occupée :

Je comprends; je dérange un entretien fort doux;

Pardon.

A part.

Voyons pourtant la dame.

Il s'approche de Marion tremblante et la reconnaît. — Bas.

Quoi ! c'est vous !

Montrant Didier.

C'est donc lui !

MARION, bas.

Ha! monsieur, vous me perdez!

SAVERNY, saluant.

Madame...

MARION, bas.

C'est la première fois que j'aime.

DIDIER, à part.

Sur mon âme, Cet homme la regarde avec des yeux hardis !

Il renverse la lampe d'un coup de poing. SAVERNY.

Quoi donc, vous éteignez cette lampe?

DIDIER

Je dis Qu'il convient, s'il vous plaît, que nous partions ensemble.

SAVERNY

Soit ; je vous suis.

A Marion, qu'il salue profondément.

Adieu, madame.

DIDIER, à part.

A. quoi ressemble Ce muguet?

A Saverny.

Venez donc!

SAVERNY

Vous êtes brusque, mais Je vous dois d'être en vie, et, s'il vous faut jamais Dévouement, zèle, ardeur, amitié fraternelle... — Marquis de Saverny, Paris, hôtel de Nesle.

Bon!

A part.

La voir par un fat examinée ainsi !

Ils sortent par le balcon. — On entend la voix de Didier dehors.

Votre route est par là. — La mienne est par ici.

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