ACTE PREMIER. M
Il ne sera pas dit qu'un homme de mon nom
Soit bravement sauvé par un bon gentilhomme
Sans lui dire : « Marquis... » —Le nom dont on vous nomme,
Monsieur?
DIDIER
Didier.
Didier de quoi?
DIDIER
Didier de rien.
Ça, l'on vous tue, et moi, je vous secours. C'est bien; Allez-vous-en.
SAVERNY
Voilà vos façons ! — Par ces traîtres Que ne me laissiez-vous tuer sous vos fenêtres ! J'eusse aimé mieux cela ; car sans vous, sur ma foi, J'étais mort. Six larrons, six voleurs contre moi ! Mort! Six larges poignards contre une mince épée!
Apercevant Marion, qui jusque-là a cherché à l'éviter.
Mais vous aviez ici l'âme bien occupée :
Je comprends; je dérange un entretien fort doux;
Pardon.
A part.
Voyons pourtant la dame.
Il s'approche de Marion tremblante et la reconnaît. — Bas.
Quoi ! c'est vous !
Montrant Didier.
C'est donc lui !
MARION, bas.
Ha! monsieur, vous me perdez!
SAVERNY, saluant.
Madame...
MARION, bas.
C'est la première fois que j'aime.
DIDIER, à part.
Sur mon âme, Cet homme la regarde avec des yeux hardis !
Il renverse la lampe d'un coup de poing. SAVERNY.
Quoi donc, vous éteignez cette lampe?
DIDIER
Je dis Qu'il convient, s'il vous plaît, que nous partions ensemble.
SAVERNY
Soit ; je vous suis.
A Marion, qu'il salue profondément.
Adieu, madame.
DIDIER, à part.
A. quoi ressemble Ce muguet?
A Saverny.
Venez donc!
SAVERNY
Vous êtes brusque, mais Je vous dois d'être en vie, et, s'il vous faut jamais Dévouement, zèle, ardeur, amitié fraternelle... — Marquis de Saverny, Paris, hôtel de Nesle.
Bon!
A part.
La voir par un fat examinée ainsi !
Ils sortent par le balcon. — On entend la voix de Didier dehors.
Votre route est par là. — La mienne est par ici.