‹ Marion de LormeChapitre 167 sur 209 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

DON CARLOS

L'un n'a pas encor Fàge, Et l'autre ne l'a plus. Tant pis. J'en prendrai soin. Le bourreau peut compter sur mon aide au besoin. Ah ! loin que mon épée aux factions soit douce, Je la lui prêterai si sa hache s'émousse, Comte, et pour l'élargir, je coudrai, s'il le faut, Ma pourpre impériale au drap de l'échafaud. — Mais serai-je empereur seulement?

DON RICARDO

Le collège,

A cette heure assemblé, délibère.

DON CARLOS

Que sais-je ?

Ils nommeront François premier, ou leur Saxon, Leur Frédéric le Sage ! — Ah ! Luther a raison, Tout va mal ! Beaux faiseurs de majestés sacrées ! N'acceptant pour raisons que les raisons dorées ! Un Saxon hérétique ! un comte Palatin imbécile! un primat de Trêves libertin!

— Quant au roi de Bohême, il est pour moi. —Des princes De Hesse, plus petits encor que leurs provinces !

De jeunes idiots! des vieillards débauchés!

Des couronnes, fort bien ! mais des têtes? cherchez!

Des nains! que je pourrais, concile ridicule,

Dans ma peau de lion emporter comme Hercule!

Et qui, démaillotés du manteau violet,

Auraient la tête encor de moins que Triboulet!

— Il me manque trois voix, Ricardo ! tout me manque ! — Oh ! je donnerais Gand, Tolède et Salamanque,

Mon ami Ricardo, trois villes à leur choix,

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