SCÈNE PREMIÈRE
LE COMTE DE GASSÉ, LE MARQUIS DE BRI- CHANTEAU, LE VICOMTE DE BOUCHA- VANNES, LE CHEVALIER DE ROCHEBARON.
Ils sont assis à des tables devant la porte ; les uns fument, les autres jouent aux dés et boivent. — Ensuite LE CHEVALIER DE
MONTPESAT, LE COMTE DE VILLAC; — puis L'ANGELY, — puis le Crieur public et la Foule.
BRICHANTEAU, se levant, à Gassé qui entie.
Gassé! —
Ils se serrent la main.
Tu viens à Blois joindre le régiment?
Le saluant.
Nous te complimentons de ton enterrement.
Examinant sa toilette.
Ah!
Il MARION DE LORME.
GASSÉ.
C'est la mode. Orange, avec des faveurs bleues.
Croisant les bras et retroussant ses moustaches.
Savez-vous bien que Blois est à quarante lieues De Paris?
BRICHANTEAU
C'est la Chine !
GASSÉ.
Et cela fait crier Les femmes. Pour nous suivre, il faut s'expatrier!
BOUCHAVANNES, se détournant du jeu.
Monsieur vient de Paris?
ROCHEBARON, quittant sa pipe.
Dit-on quelques nouvelles?
GASSÉ, saluant.
Point. — Corneille toujours met en l'air les cervelles.
Guiche a l'ordre. Ast est duc. Puis des riens à foison :
De trente huguenots on a fait pendaison.
Toujours nombre de duels. Le trois, c'était d'Angennes
Contre Arquien, pour avoir porté du point de Gênes;
Lavardin avec Pons s'est rencontré le dix,
Pour avoir pris à Pons la femme de Sourdis;
Sourdis avec d'Ailly, pour une du théâtre
De Mondori. Le neuf, Nogent avec Lachâtre,
Pour avoir mal écrit trois vers de Colletet;
Gorde avec Margaillan, pour l'heure qu'il était;
D'Humière avec Gondi, pour le pas à l'église ;
Et puis tous les Brissac contre tous les Soubise
A propos du pari d'un cheval contre un chien.
Enfin, Caussade avec Latournelle, pour rien ;
Pour le plaisir. Caussade a tué Latournelle.