‹ Marion de LormeChapitre 181 sur 209 · ACTE QUATRIEME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME

DON CARLOS

Silence tous !

Aux conjurés.

Votre âme est-elle raffermie?

Il convient que je donne au monde une leçon. Lara le Castillan et Gotha le Saxon, Vous tous! que venait- on faire ici? parlez.

HERNANI, faisant un pas.

Sire, La chose est toute simple, et l'on peut vous la dire. Nous gravions la sentence au mur de Balthazar.

Il tire un poignard et l'agite.

Nous rendions à César ce qu'on doit à César.

DON CARLOS

Paix!

A don Ruy Gomez.

Vous traître, Silva?

DON RUY GOMEZ

Lequel de nous deux, sire?

HERNANI, se retournant vers les conjurés.

Nos têtes et l'empire ! il a ce qu'il désire.

A l'empereur.

Le bleu manteau des rois pouvait gêner vos pas : La pourpre vous va mieux, le sang n'y paraît pas,

DON CARLOS, à don Ruy Gomez.

Mon cousin de Silva, c'est une félonie

A faire du blason rayer ta baronnie!

C'est haute trahison* don Ruy, songes-y bien.

DON RUY GOMEZ

Les rois Rodrigue font les comtes hûien.

J12 HEKNAN1.

DON CARLOS, ou duc d'Alcaïa.

Ne prenez que ce qui peut être duc ou comte. Le reste!...

Don Ruy Gomez, le duc de Lutzelbourg, le duc de Gotha, don Juan de Haro, don Guzman de Lara, don Tellez Giron, le baron de Hohenbourg, se séparent du groupe des conjurés, parmi lesquels est resté Hernani, — Le duc d'Alcala les entoure étroitement de gardes.

DONA SOL, à part.

Il est sauvé !

HERNANI, sortant du groupe des conjurés.

Je prétends qu'on me compte !

A don Carlos.

Puisqu'il s'agit de hache ici, que Hernani, Pâtre obscur, sous tes pieds passerait impuni, Puisque son front n'est plus au niveau de ton glaive, Puisqu'il faut être grand pour mourir, je me lève. Dieu, qui donne le sceptre et qui te le donna, M'a fait duc de Segorbe et duc de Gardona, Marquis de Monroy, comte Albatera, vicomte De Gor, seigneur de lieux dont j'ignore le compte. Je suis Jean d'Aragon, grand-maître d'Avis, né Dans l'exil, fils proscrit d'un père assassiné Par sentence du tien, roi Carlos de Castille ! Le meurtre est entre nous affaire de famille. Vous avez l'échafaud, nous avons le poignard. Donc le ciel m'a fait duc, et l'exil montagnard. Mais, puisque j'ai sans fruit aiguisé mon épée Sur les monts, et dans l'eau des torrents retrempée,

Il met son chapeau. , Aux autres conjurés.

Couvrons-nous, grands d'Espagne!

Tous les Espagnols se couvrent.

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