‹ Marion de LormeChapitre 198 sur 209 · ACTE CINQUIEME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIEME

Du fer ou du poison. Ce qu'il faut, je l'apporte. Nous partirons tous deux.

Soit.

LE MASQUE

Prions-nous?

HERNANI

LE MASQUE

Qu'importe!

Que prends-tu?

HERNANI

Le poison.

LE MASQUE

Bien ! donne-moi ta main.

Il présente une fiole à Hernani, qui la reçoit en pâlissant.

Bois, pour que je finisse.

Ilcrnani approche la fiole de ses lèvres, puis recule. HERNANI.

Oh! par pitié, demain! — Oh! s'il te reste un cœur, duc, ou du moins une âme, Si tu n'es pas un spectre échappé de la flamme, Un mort damné, fantôme ou démon désormais; .- Si Dieu n'a point encor mis sur ton front : « Jamais! » Si tu sais ce que c'est que ce bonheur suprême D'aimer, d'avoir vingt ans, d'épouser quand on aime; Si jamais femme aimée a tremblé dans tes bras, Attends jusqu'à demain. — Demain tu reviendras!

LE MASQUE

Simple qui parle ainsi! demain 1 demain! — tu railles! La cloche a ce matin sonné tes funérailles!

136 HERiNANl.

Et que ferais-je, moi, cette nuit? J'en mourrais.

Et qui viendrait te prendre et Remporter après!

Seul descendre au tombeau ! Jeune homme, il faut me suivre.

HERNANI

Eh bien, non! et de toi, démon, je me délivre! Je n'obéirai pas.

LE MASQUE

Je m'en doutais. — Fort bien.

Sur quoi donc m'as-tu fait ce serment? Ah! sur rien Peu de chose, après tout! La tête de ton père. Gela peut s'oublier. La jeunesse est légère.

HERNANI

Mon père ! — Mon père ! ... — Ah ! j'en perdrai la raison !

LE MASQDE.

Non, ce n'est qu'un parjure et qu'une trahison.

HERNANI

Duc!

LE MASQUE

Puisque les aînés des maisons espagnoles Se font jeu maintenant de fausser leurs paroles, Adieu !

Il fait un pas pour sortir.

Ne t'en va pas.

LE MASQUE

Alors...

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