‹ Marion de LormeChapitre 7 sur 209 · ACTE PREMIER. S · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. S

Puis, il vous peut si tard arriver des malheurs... Cette rue est déserte et pleine de voleurs.

SAVERNY

Soit : je serai volé.

MÀRION.

Parfois on assassine.

SAVERNY

On m'assassinera.

MARION

Mais...

SAVERNY

Vous êtes divine! Mais, avant de partir, je veux savoir de vous Quel est l'heureux berger qui nous succède à tous.

MARION

Personne.

SAVERNY

Je tiendrai secrètes vos paroles.

Nous autres gens de cour, on nous croit têtes folles, Médisants, curieux, indiscrets, brouillons; mais Nous bavardons toujours et ne parlons jamais. — Vous vous taisez?...

Il s'assied.

Je reste.

MARION

Eh bien, oui ! que m'importe!

J'aime et j'attends quelqu'un !

SAVERNY

Parlez donc de la sorte!

A la bonne heure ! Où donc l'attendez- vous?

g MARION DE LORME.

MARION

SAVERNY

Et quand?

MARION

Dans un instant.

Elle va au balcon et écoute.

Peut-être le voici.

Revenant.

Non.

A Saverny.

Vous voilà content?

SAVERNY

Pas trop.

MARION

Partez, de grâce.

SAVERNY

Oui, mais nommez-le-moi, ce galant qui me chasse Et pour qui je me vois ainsi congédier.

MARION

Je ne connais de lui que le nom de Didier. Il ne connaît de moi que le nom de Marie.

SAVERNY, éclatant de rire.

Vrai ?

MARION

Vrai.

SAVERNY, riant.

Mais, pasque-Dieu, c'est de la bergerie Que ces amitiés-là! c'est du Racan tout pur. Il va donc pour entrer escalader ce mur?

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