ACTE PREMIER. S
Puis, il vous peut si tard arriver des malheurs... Cette rue est déserte et pleine de voleurs.
SAVERNY
Soit : je serai volé.
MÀRION.
Parfois on assassine.
SAVERNY
On m'assassinera.
MARION
Mais...
SAVERNY
Vous êtes divine! Mais, avant de partir, je veux savoir de vous Quel est l'heureux berger qui nous succède à tous.
MARION
Personne.
SAVERNY
Je tiendrai secrètes vos paroles.
Nous autres gens de cour, on nous croit têtes folles, Médisants, curieux, indiscrets, brouillons; mais Nous bavardons toujours et ne parlons jamais. — Vous vous taisez?...
Il s'assied.
Je reste.
MARION
Eh bien, oui ! que m'importe!
J'aime et j'attends quelqu'un !
SAVERNY
Parlez donc de la sorte!
A la bonne heure ! Où donc l'attendez- vous?
g MARION DE LORME.
MARION
SAVERNY
Et quand?
MARION
Dans un instant.
Elle va au balcon et écoute.
Peut-être le voici.
Revenant.
Non.
A Saverny.
Vous voilà content?
SAVERNY
Pas trop.
MARION
Partez, de grâce.
SAVERNY
Oui, mais nommez-le-moi, ce galant qui me chasse Et pour qui je me vois ainsi congédier.
MARION
Je ne connais de lui que le nom de Didier. Il ne connaît de moi que le nom de Marie.
SAVERNY, éclatant de rire.
Vrai ?
MARION
Vrai.
SAVERNY, riant.
Mais, pasque-Dieu, c'est de la bergerie Que ces amitiés-là! c'est du Racan tout pur. Il va donc pour entrer escalader ce mur?