‹ Marivaux, moralisteChapitre 117 sur 122 · SCÈNE VIII. — MADAME ARGANTE, ANGÉLIQUE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII. — MADAME ARGANTE, ANGÉLIQUE

Angélique, allant à sa mère. — Ah! ma mère.

madame argante. — Qu'as-tu donc, ma fille ? d'où vient que tu es si troublée ?

Angélique. — Ne me quittez point, secourezmoi; je ne me reconnais plus.

madame argante. — Te secourir ? Et contre qui, ma chère fille ?

Angélique. — Hélas ! contre moi, contre Dorante et contre vous, qui nous séparez peut-être. Lubin est venu dire que c'était vous. Dorante s'est sauvé, il se meurt; et je vous conjure qu'on le rappelle, puisque vous voulez lui parler.

madame argante , à part. — Sa franchise me pénètre. {Haut.) Oui, je te l'ai promis, et j'y consens; qu'on le rappelle. Je veux devant toi le forcer lui-môme à convenir de l'indignité qu'il te proposait. {Elle appelle Lubin.) Lubin, cherche Dorante, et dis-lui que je l'attends ici avec ma nièce.

lubin. — Voûte nièce! Est-ce que vous êtes itou la tante de voûte fille? (7/ sort.)

madame augante. — Va, ne t'embarrasse point. Mais j'aperçois Lisette; c'est un inconvénient; renvoie-la comme tu pourras, avant que Dorante arrive. Elle ne me reconnaîtra pas sous cet habit, et je me cache avec ma coiffe.

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