Charles Perrault, Mémoires, p. 20 et suiv
2. 11 fait cet aveu dans son Spectateur français (septième feuille i : « Si c'est une traduction du grec et qu'elle m'ennuie, je penche à croire que l'auteur y a perdu; si c'est du latin, comme je le sais, je me livre sans façon au dégoût ou au plaisir qu'il me donne. >> 11 savait, en effet, assez de latin pour citer du Juvénal dans la conversation; voir ci-après, p. 71.
3. « Son père était d'une famille ancienne dans le Parlement de Normandie >» (Lesbros, p. 5), « descendue de la robe à la finance », ajoute d'Alembert (p. 517). Le nom patronymique
honorable exception à une règle trop générale : il n'eut aucune poursuite à redouter lorsque, sous la Régence, la fameuse Chambre de justice instituée contre les traitants en obligea beaucoup à rendre gorge et les marqua presque tous d'une flétrissure morale. Dans le milieu où son père vivait en honnête homme, le futur auteur du Triomphe de Plutus puisa une profonde connaissance des gens de finance, et un mépris qui se laisse voir en plusieurs passages de ses œuvres. C'est le hasard qui lui indiqua sa voie en provo-
était Carlet; comme la robe anoblissait, celui de Chamblain s'y ajouta. Mais, dit Edouard Fournier {Notice, p. 2), « le nom de Chamblain se trouva malheureusement pris aussi par d'autres, et dans ce monde de financiers, qui pis est. 11 y eut. alors, outre notre Carlet de Chamblain, un François de Chamblain, un Bullette de Chamblain, etc. {Vie privée de Louis XV, 1781, t. I, p. 176, 185, 186.) C'était trop, d'autant que, ces derniers Chamblain n'étant pas des mieux vus, il importait de ne pas être confondu avec eux.. . C'est, sans nul doute, pour parer à cette confusion, et afin de couvrir son premier nom d'emprunt, qui ne le distinguait plus assez, que M. de Carlet en emprunta un second. »
Aucun des trois noms de Marivaux ne figure ni dans Y Armoriai général de la France de d'Hozier, ni dans le Dictionnaire de la noblesse de La Chesnaye des Bois, ni dans le Nobiliaire de Normandie de M. E. de Magny. J'aurais voulu retrouver dans les registres du Parlement de Normandie, les traces de la famille de Marivaux; mais les recherches que M. Maurice d'Acher de Montgascon a bien voulu faire pour moi dans cette intention n'ont donné aucun résultat. D'autre part, M. Floquet ne cite nulle part ce nom dans son Histoire du Parlement de Normandie. — Marivaux ne semble avoir eu aucun lien de parenté avec les seigneurs de Marivaux (ou Marivaulx), branche de l'illustre maison de l'Isle-Adam, dont faisait sans doute partie l'officier aux gardes françaises dont il sera question ci-après.
Dans les rares autographes que l'on a de lui, notre auteur signe « De Marivaux ». Son épître dédicatoire au duc de Noailles, imprimée en tête de Vlliacle travestie, est signée « Carlet de Marivaux »; celle de la seconde Surprise de l'Amour, à la duchesse du Maine, « De Marivaux »; de même une lettre de réclamation au Mercure dont il va être parlé.