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attaques dont ils pouvaient être L'objet; elles ue troublaient pas plus leur orgueil que leur quiétude. Au reste, le Triomphe de Plut us n'était pas de nature à les inquiéter beaucoup; au lieu de leur porter à plein corps, comme Le Sage, de profondes blessures, Marivaux les criblait de fines épigrammes, peu sensibles à des épidermes épais ; c'est pour le roman et les œuvres morales qu'il réservait une satire plus sérieuse. Ici, il se contente de railler agréablement les vices que Le Sage a flétris : insolence et lourdeur, ignorance et grossièreté, prétentions risibles, ostentation de prodigalité, surtout en amour. A peine, en deux ou trois passages, une saillie mordante, et encore est-ce plutôt le sourire discret de l'homme d'esprit qui se venge des sots que le rire indigné du satirique.
Le Triomphe de Plutus n'emprunte à la mythologie qu'un titre. Apollon et Plutus se disputent le cœur d'Aminte, une mortelle du xviip siècle, et, pour lui plaire, ils ont pris la forme, l'un du financier Richard, l'autre du bel esprit Ergaste. Piqué au vif par les railleries d'Apollon, qui persifle la tournure gauche et le langage « massif » de son rival ', Plutus entreprend de lui prouver qu'en amour, comme en toutes choses, l'or est tout-puissant. En effet, tandis qu'Apollon tourne en pure perte des petits vers, Plutus a bientôt gagné, c'est-à-dire acheté, et la suivante et l'oncle d'Aminte, Spinette et Amidas, et Aminte elle-même; jusqu'au valet d'Apollon, Arlequin qui attendait ses is depuis trop longtemps. Il pousse sa fastueuse insolence jusqu'à louer les musiciens que son rival avait amenés pour offrir un divertissement à Aminte ; puis il s'en va avec un gros rire : « Ne vous alarmez pas, dit-il à sis dupes, je vous laisse les présents que