‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 2)Chapitre 171 sur 345 · LE PRÉJUGÉ NOBILIAIRE · texte numérisé non relu

LE PRÉJUGÉ NOBILIAIRE

vaux l'a soigneusement évitée. Nulle part, dans cette pièce, il ne prêche ni ne plaide; la leçon se dégage toute seule. C'est à une jeune fille qu'il prête ce préjugé, et en cela, observe Duviquet, il se montre bon observateur, car « on a remarqué de tous temps que les femmes sont plus sensibles que les hommes au sentiment des préférences, et qu'elles attachent un prix infini à toute espèce de supériorité l. » Il fait encore preuve d'observation en se servant de l'amour, le sentiment qui rapproche le plus les distances, pour corriger la jeune fille de ce mépris de la roture. On regrette même, en lisant cette comédie intéressante et bien conduite 2, que Marivaux se soit contenté d'un seul acte pour développer un sujet d'où il eût pu tirer une grande comédie de mœurs.

Cette pièce n'est pas la seule où Marivaux ait tourné en ridicule le préjugé nobiliaire; il lavait raillé déjà dans plusieurs scènes de la Double Inconstance, surtout dans celle 3 où l'on apporte à Arlequin

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