LES GRIEFS DES FEMMES
mais il n'admet en droit ni la manière humiliante dunt on les élève *, ni leur infériorité sociale. Il laisse entendre que la frivolité qu'on leur reproche vient plutôt d'une éducation mal entendue que de la nature; il signale les dangers que leur faiblesse et les mœurs leur font courir. Nous le verrons déplorer, avec une émotion sincère, le sort d'une orpheline seule au milieu de Paris 2, celui d'une jeune fille que la misère pousse au déshonneur 3, etc. Il voudrait pour elles à la fois plus de protection et plus d'indépendance. Dans la Nouvelle Colonie, il a résumé d'une manière fort plaisante les griefs qu'elles pourraient faire valoir contre les hommes, et les a montrées en révolte ouverte contre l'oppression. A vrai dire, il ne prend pas ouvertement parti pour elles; il leur donne même tort par l'exagération de la thèse qu'il leur prête et le dénouement de l'intrigue où il les jette, mais on sent bien, aux justes plaintes mêlées à leurs griefs imaginaires, qu'il espère faire passer, à la faveur de la satire, quelques vérités dont elles profiteront tût ou tard \
La scène de la Nouvelle Colonie est encore dans une de ces îles de géographie fantaisiste, dont Marivaux a créé tout un archipel. Celle-ci est peuplée d'exilés, seigneurs et nobles dames de l'antiquité, comme